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Etude de cas No 3:Les déchets contaminés par le radium et le thorium sur le site de FernaldAu cours de l'histoire de l'installation, les émissions les plus dangereuses ont été celles du radon 222 émanant des silos 1 et 2. Ce sont des cuves qui contiennent de grandes quantités de déchets, contenant du radium 226 issu du traitement du minerai d'uranium. Le silo 3 contient aussi des déchets contaminés par le radium, mais à des teneurs bien plus faibles. Les études officielles notent que l'intégrité de la structure des silos et la possibilité d'écroulement du toit sont préoccupantes. Ceci, et les menaces d'émissions de radon rendent cruciale la réhabilitation de ces silos pour protéger la santé des riverains et limiter l'irradiation des travailleurs. La perte de l'intégrité de la structure des silos, et le déversement de leurs contenus dans le sol pourraient aussi menacer les eaux souterraines de la région à long terme.
Les actions prises jusqu'ici ont été, au mieux, des palliatifs provisoires. Au pire, elles se sont soldées par des échecs complets provoquant des retards qui ont augmenté les risques. Par exemple, en 1991, une couche d'argile avait été rajoutée sur les matériaux dans les silos pour essayer de réduire les émissions de radon. Le succès n'a été que provisoire, l'argile ne s'étant pas montrée une couverture efficace pour les déchets. Les émissions sont revenues à leur niveau d'origine. De plus, l'argile rendra la vidange et le déclassement des cuves beaucoup plus complexes. Nous pensons qu'il aurait été une bien meilleure solution de faire installer une enceinte résistante aux tornades, dont on estime le prix à 5 millions de dollars (27,5 millions de francs) et dont l'installation aurait duré 10 mois. Mais il était bien meilleur marché à court terme de rajouter une couche d'argile. En 1998, le Department of Energy (DOE, ministère de l'Energie) a encore proposé un nouveau projet. Puisque les silos se détériorent, il veut maintenant construire une nouvelle série de cuves pour queles déchets puissent y être transférés. Si cette solution s'avère un succès, un entreposage "provisoire" serait créé, ce qui éliminerait le risque d'émissions de radon à court et moyen termes. Cependant, le transfert des déchets pourrait s'avérer techniquement difficile, comme cela s'est produit lors de tentatives dans le passé, en partie à cause de la nature des déchets. Par conséquent, le DOE suit une autre démarche qui n'a pas été testée à grande échelle sans avoir, au préalable, suffisamment étudié le problème. De plus, le traitement des déchets dans son projet d'installation pilote, dont le résultat a été un fiasco complet, aurait du rendre le DOE plus prudent dans son lancement d'un grand projet pour le transfert des déchets sans expérimentations supplémentaires. (voir la discussion sur le "Gigantisme" dans l'article principal). Pour les mesures correctives à long terme, le DOE a choisi, ceci dans un Record of Decision (rapport de décision) de décembre 1994, de "vitrifier" les déchets du silo (bien qu'à cette époque la conception d'une usine pilote de vitrification était déjà à l'étude). Le DOE utilise malheureusement le terme de "vitrification" de deux façons très différentes. La première se réfère au mélange d'une quantité relativement faible de matière radioactive dans un large volume de verre fondu, pour être transformé en blocs de verre. La deuxième se réfère à un grand volume de déchets radioactifs, se composant principalement de divers types de terre, et la transformation de ce mélange en une substance qui ressemble au verre. Dans le premier cas, le processus de vitrification est bien compris. Seules les techniques de préparation et de mélange des matériaux radioactifs avec du verre fondu ont besoin d'être développées (et le sont déjà dans certains cas). Dans le deuxième cas, la composition du "verre" ne peut pas être contrôlée, par conséquent il est nécessaire de développer la technique même de "vitrification". Les projets du DOE à Fernald font intervenir ce deuxième type de vitrification, bien plus aléatoire. (Dans cet article nous utilisons ce terme dans son deuxième sens -- la transformation de la terre radioactive en matière vitreuse.) Ce projet a complètement échoué, en grande partie à cause de sérieuses erreurs techniques de la part du DOE et de son sous-traitant: Fluor Daniel Fernald. Bien que la composition des déchets dans les silos n'ait pas été totalement identifiée et qu'une nouvelle technique de vitrification était proposée, le DOE et son sous-traitant ont décidé d'accélérer le projet d'usine pilote, en procédant simultanément à la création du concept et la construction. Cela s'est soldé par de sérieux problèmes. Par exemple, le creuset fourni par un sous-traitant ne correspondait pas aux modèles préliminaires que Fluor Daniel Fernald avait utilisé pour la construction du reste de l'usine pilote. Les échecs techniques à Fernald n'ont rien eu à envier aux échecs connus dans la gestion. Les matériaux utilisés composant le creuset ont été incompatibles avec la teneur élevée en plomb des déchets. En conséquence,le creuset fut détruit au cours de la première des deux phases de test de l'usine pilote. Cet échec cuisant est d'autant plus inquiétant que l'équipe travaillant sur ce projet avait précisément identifié, durant l'examen technique, le problème qui a abouti à la destruction du creuset, et que, malgré cela, rien ne fut fait pour l'éliminer. Envol des coûts et des délaisLes échecs du sous-traitant et du DOE se sont traduits par une augmentation importante du coût de l'usine pilote de vitrification. En février 1994, on estimait le prix à 15,8 millions de dollars (prés de 87 millions de francs). En juin 1996, on estimait à 66 million de dollars (soit environ 360 millions de francs) les dépenses nécessaires pour compléter tous les essais de l'usine pilote -- quatre fois plus que prévu initialement. A la fin novembre 1996, 50 millions de dollars avaient été dépensés (275 millions de francs). En décembre 1996, pendant la phase d'expérimentation No 1 (faite seulement sur des imitations non radioactives des déchets des silos), l'accident qui détruisit le creuset rendit également l'usine pilote totalement inutilisable à l'avenir. Si le creuset avait fonctionné, l'estimation de juin 1966, de 66 millions de dollars (prés de 363 millions de francs), aurait sûrement était dépassée, parce qu'il aurait fallu faire d'importantes modifications pour préparer à des tests sur les déchets réellement radioactifs provenant des silos. Telle qu'elle avait été construite, l'usine n'aurait pas pu traiter des matières radioactives, sans une inévitable exposition élevée des travailleurs aux irradiations. Au fur et à mesure de l'augmentation des coûts pendant la conception et la construction de l'usine pilote, le DOE et Fluor Daniel Fernald ont commencé à réévaluer leurs estimations pour l'usine de vitrification à grande échelle. En janvier 1996, les estimations sur tous les aspects du projet avaient été au minimum multipliées par trois: en passant de 92 millions de dollars (soit environ 500 millions de francs) à plus de 300 millions de dollars (l'équivalent de 1 milliard 650 millions de francs). En avril 1997, Fluor Daniel Fernald estimait que les dépenses totales se situeraient entre 376 et 563 millions de dollars (soit approximativement entre 2 et 4 milliards de francs). (Cette estimation comprenait le remplacement de la vitrification par la cimentation comme méthode de traitement pour le silo 3.) De plus, les estimations sur les dates d'achèvement (y compris la décontamination et le déclassement) avaient été repoussées de neuf an -- de 2002 à 2011. Les difficultés techniques, de gestion et de financement du projet d'usine pilote ont dès le début abouti à des tentatives d'abandon de la vitrification comme méthode de traitement choisie par le Record of Decision. Des changements ont été proposés, passant de la vitrification à la cimentation pour la totalité ou une partie des déchets, bien qu'il ne semble pas y avoir d'obstacle technique important et reconnu qui empêche de lancer un programme de vitrification pour les trois silos. La vitrification, en cas de succès, offrirait probablement un meilleur confinement des déchets et des volumes plus petits de déchets ultimes. Ces changements effectués dans le programme de mesures correctives, sont sensés avoir pour but principal de faire des économies. Cependant, le DOE n'a fait aucune comparaison rigoureuse entre les alternatives, ni n'a donné de raison satisfaisante quant aux changements drastiques des estimations de coûts du traitement comparés á ceux cités dans le Record of Decision. L'IEER pense que le DOE devrait mettre en uvre les étapes suivantes pour mettre sur la bonne voie son programme de traitement des déchets contaminés par le radium et le thorium entreposés dans les silos de Fernald:
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Énergie et Sécurité No. 8 Index
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L'Institut pour la Recherche sur l'Énergie et l'Environnement
1999 (La version anglaise de ce numéro a été publiée en janvier 1999)
Mise en place juillet 2000