IEER | Énergie et Sécurité No. 5


L'énergie nucléaire n'est pas la solution
aux changements climatiques de la planète

Arjun Makhijani


Les récents débats sur les changements climatiques reprennent la même antienne: l'énergie nucléaire doit jouer un rôle important dans toute stratégie visant à la réduction des gaz à effet de serre (GES). Les partisans de cette solution affirment que, puisque l'énergie nucléaire est une technologie sans émissions de carbone, elle doit jouer un rôle important dans la réduction des émissions de gaz carbonique tout en répondant à des besoins énergétiques croissants. Cette affirmation ne résiste pas à un examen minutieux, technique et économique. L'énergie nucléaire et la consommation massive de combustibles fossiles créent chacun leurs propres problèmes. Cet article examine les questions en rapport avec l'énergie nucléaire tandis que les autres textes, consacrés au réchauffement de la planète et à la mise en place d'un approvisionnement énergétique durable abordent certaines questions relatives aux combustibles fossiles.

La sûreté des réacteurs

Il n'y a pas de solution réalisable en pratique, ou raisonnable, qui éliminerait les risques pour la sûreté et la prolifération, résultant de l'énergie nucléaire civile. Tous les types de réacteurs qui ont été développés ou conçus posent un certain risque d'accident catastrophique d'une ampleur comparable à celui de Tchernobyl, bien que les mécanismes particuliers d'un tel accident et ses probabilités d'occurence dépendent du type de réacteur.1 Ceci est en partie dû à ce que l'énergie nucléaire civile a été développée comme un auxiliaire de la course aux armements nucléaires et comme outil de propagande de la Guerre froide.2 Dans sa hâte de construire de nouveaux réacteurs, l'industrie nucléaire, dès ses débuts, a consciemment relégué la sécurité du public, la santé et la protection de l'environnement et même les questions économiques, au deuxième plan, derrière le développement des armes et la propagande.

La Commission à l'énergie atomique américaine savait dès le début du développement des réacteurs que des accidents catastrophiques étaient possibles. En 1957, le Brookhaven National Laboratory a publié une évaluation, intitulée WASH-740, qui dressait le bilan des dégâts potentiels qui pouvaient résulter d'un accident grave. Plusieurs mois après la publication de ce rapport, le Congrès votait le Price-Anderson Act, limitant les responsabilités des compagnies d'électricité à 500 millions de dollarsjuste dix pour cent du coût des dégâts immobiliers estimés dans le WASH-740.3 Cette somme a été portée à 7 milliards de dollars en 1988, encore très nettement en dessous des dégâts qui pourraient être occasionnés par un tel accident.

L'industrie nucléaire continue de minimiser la probabilité d'accidents catastroph iques de réacteurs, malgré l'évidence apportée par le désastre de Tchernobyl en 1986. Les retombées radioactives de l'explosion et de l'incendie de Tchernobyl se sont déposées sur tous les pays de l'hémisphère Nord et ont obligé à évacuer plus de 100 000 personnes dans un rayon de 30 kilomètres autour du réacteur et à abandonner entre 100 000 à 150 000 hectares de terre cultivables. Mais l'industrie nucléaire aussi bien que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), en citant les fallacieux chiffres officiels soviétiques et en passant sous silence le manque de données exactes sur les effets sur la santé, ont eu tendance à minimiser l'importance de l'accident. Les estimations officielles portant sur la radioactivité émise durant les dix premiers jours sont de 80 millions de curies. Mais dans une évaluation indépendante, le scientifique soviétique Jaurés Medvedev a estimé que les rejets d'iode et de césium radioactifs étaient environ trois fois plus élevés que ceux indiqués par les autorités.4 Il est difficile de calculer la totalité des coûts imputables à Tchernobyl, mais même les estimations officielles de 10 à 15 milliards de dollars dépassent la limite des 7 milliards de dollars de dommages et intérêts du Price-Anderson Act.

La leçon la plus importante et tragique à tirer de Tchernobyl est que le plus grave accident envisageable dans l'énergie nucléaire peut effectivement se produire. De plus, les problèmes crées par ce genre d'accident grave persisteront durant plusieurs générations. De grandes déclarations ont été faites en faveur d'une nouvelle génération de "réacteurs intrinsèquement sûrs," mais elles sont exagérées et très trompeuses.5 Il faudrait plusieurs décennies pour tester différents modèles et savoir si la création d'un réacteur réalisable en pratique, bon marché et invulnérable aux accidents catastrophiques est tout bonnement possible.6 Dès lors, l'énergie nucléaire ne peut pas aider le monde à réduire, sans risque, les émissions d'oxyde de carboneun besoin urgent dont il faut s'occuper avec des principes en place dans les toutes prochaines années.

L'aspect économique

Le tableau montre que l'énergie nucléaire est une façon beaucoup plus chère et risquée de produire de l'électricité que les centrales à cycle combiné au gaz naturel à haut rendement. Même en France, (qui dépend très largement de l'énergie nucléaire), les autorités ont admis que les centrales électriques à cycle combiné qui utilisent du gaz naturel sont plus économiques que les centrales nucléaires.7 On peut s'attendre à ce que chaque centrale nucléaire coûte typiquement entre 6 milliards et plusieurs dizaines de milliards de francs de coûts d'exploitation excédentaires sur la durée de vie de l'installation.8 Pour réduire substantiellement les émissions d'oxyde de carbone, les centrales nucléaires devraient non seulement fournir une bonne partie de l'électricité mondiale pour répondre à l'accroissement de la demande d'électricité, mais aussi remplacer beaucoup de centrales au charbon au fur et à mesure qu'elles sont retirées du service. Cela nécessiterait la construction d'environ 2 000 centrales nucléaires de 1 000 mégawatts chacune dans les prochaines décennies. Le coût total du choix nucléaire se solderait à plusieurs dizaines de milliers de milliards de francs. Cette énorme somme d'argent devra provenir de subventions des gouvernements et/ou des consommateurs (prix plus élevés). Cette somme serait mieux utilisée à des investissements dans l'efficacité énergétique, le développement de la co-génération et des énergies renouvelables, des centrales à cycle combiné, des piles à combustible, etc. Les investissements dans l'énergie nucléaire auront donc comme effet de porter atteinte aux efforts de réduction des émissions de gaz carbonique en prenant la place d'investissements qui auraient été plus appropriés.

La non-prolifération et le désarmement9

Les difficultés suscitées par les questions de non-prolifération et de désarmement sont encore plus décourageantes que les questions économiques et de sûreté, parce qu'elles sont non seulement techniques, mais aussi de nature militaire, politique et institutionnelle.

Tous les réacteurs civils produisent du plutonium.10 Une fois séparé par retraitement, le plutonium provenant de ce combustible irradié peut être utilisé pour fabriquer des armes nucléaires. Les stocks de plutonium civil ont augmenté très rapidement depuis le début des années 80 et on s'attend à ce qu'ils dépassent les stocks militaires d'ici quelques années. Il y a maintenant cinq pays qui ont une politique de retraitement commercial (civil): la France, la Russie, l'Angleterre, le Japon et l'Inde. Six autres pays possèdent également du plutonium séparé: l'Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse, l'Espagne et les États-Unis (ces derniers à partir d'une usine commerciale de retraitement qui a fonctionné de 1966 à 1972).11

Si l'énergie nucléaire était utilisée comme moyen de diminuer les émissions des GES, les inventaires de plutonium augmenteraient dramatiquement. Si 2 000 réacteurs nucléaires sont construits dans les prochaines décennies (en plus du remplacement des 350 000 MW de capacité nucléaire actuelle), l'inventaire mondial de plutonium civil atteindra environ 20 000 tonnes vers le milieu du siècle prochain, éclipsant les stocks actuels. Cet inventaire, la pression sur les ressources d'uranium, et l'opposition du public à l'enfouissement des déchets nucléaires intensifieraient grandement la demande pour la séparation du plutonium civil et son utilisation dans les centrales nucléaires. Cela exacerberait encore plus les problèmes économiques, écologique, et de prolifération associés à l'énergie nucléaire.

Pendant des décennies, la technologie nucléaire a été parée de tous les atours d'une "technologie supérieure" et sa promotion fait partie du Traité de non-prolifération nucléaire.12 La propagande occidentale remonte au moins au discours du mois de décembre 1953 "Atomes pour la Paix" dans lequel le président Eisenhower liait la renonciation aux armes nucléaires à la promotion de l'énergie nucléaire. Le résultat de cette politique de la Guerre froide a été la mise en place de compagnies privées subventionnées ou étatiques dans des pays stratégiquement importants, ayant des intérêts dans l'économie du plutonium. Ces bureaucraties continuent d'être politi quement et financièrement puissantes malgré les échecs, en matiére d'écologie, de non-prolifération et d'économie, de technologies importantes telles que les surgénérateurs et le retraitement.13

L'utilité de la technologie nucléaire

L'énergie nucléaire n'est d'aucune utilité pour les besoins de la grande majorité des pays du monde, puisque les centrales nucléaires sont trop grandes et trop chères pour être raccordées à leurs réseaux. Dans les pays pour lesquels il pourrait être concevable d'utiliser cette technologie, comme par exemple l'Inde et la Chine, les arguments technologiques et économiques favorisent de loin d'autres technologies comme les centrales à gaz naturel à cycle combiné ainsi qu'une grande amélioration du rendement du réseau électrique et des centrales à charbon. Les investissements dans ces technologies peuvent produire beaucoup plus d'électricité que les investissements pour les centrales nucléaires. Quatre décennies aprés le début de son développement, l'électricité d'origine nucléaire ne représente que 3 pour-cent de la capacité électrique de l'Inde.

Seuls quelques pays dépendent de manière importante des centrales nucléaires, et ces pays sont déjà très industrialisés. Dans ces pays, comme dans les autres, le potentiel pour accroître le rendement est grand. Cela est particulièrement vrai pour les Etats-Unis qui possèdent le plus grand nombre de centrales nucléaires autorisées à fonctionner (106 au dernier décompte). De plus, certains de ces pays sont en train de réduire leur dépendance vis à vis de l'énergie nucléaire, au lieu de l'accroître. Même en France et au Japon, l'engagement considérable en faveur du nucléaire est en train de devenir de plus en plus surveillé par le gouvernement et le public.

Les déchets radioactifs

Comme nous l'avons vu, pour que le nucléaire puisse contribuer de manière significative à la réduction des GES, il faudrait des milliers de nouvelles centrales. Cela créerait des milliers de tonnes de combustible irradié qui s'ajouteraient aux déchets déjà en existence. Il n'existe pas, à l'heure actuelle, de politique viable pour la gestion des déchets nucléaires. Les partisans de l'énergie nucléaire voient la "solution" de l'enfouissement en couche géologique profonde comme un élément essentiel pour le renouveau du nucléaire, aux Etats-Unis au moins. Ceci a provoqué l'opposition à l'enfouissement, tant que la question de la gestion à long terme n'est pas considérée séparément de la promotion du nucléaire. Des projets de gestion des déchets par la transmutation (la transformation des radionucléides de longue durée de vie en radionucléides de courte durée de vie), ne sont pas viables pour plusieurs raisons. Non seulement des réacteurs, d'un type ou d'un autre, seront nécessaires pour la transmutation, mais il faudra aussi avoir recours à des technologies de retraitement qui pourraient être modifiées pour produire des matiéres fissiles utilisables pour les armes. La transmutation et les technologies de retraitement créeront également leurs propres problèmes de gestion des déchets en générant de grands volumes de déchets radioactifs supplémentaires. Donc, ce qui au premier abord semblait être une solution aux problèmes de prolifération et de gestion des déchets, risque d'exacerber les problèmes de prolifération sans apporter une solution à la gestion des déchets. Outre qu'elles n'éliminent pas la nécessité de l'enfouissement ou d'autres stratégies d'évacuation, ces technologies demeurent très chères, et augmenteraient grandement les coûts du nucléaire qui sont déjà non compétitifs.14

La sortie progressive du nucléaire

Outre les inconvénients du point de vue de la sûreté, de la prolifération et des coûts cités ci-dessus, il y a de nombreuses raisons qui expliquent pourquoi une sortie progressive du nucléaire est nécessaire pour accéder à un futur énergétique durable qui ne présente pas de danger pour la paix et la santé:

  • La présence d'importants stocks de plutonium séparé ainsi que de plutonium contenu dans le combustible irradié peut rendre plus probable le retour aux armes nucléaires en cas de tension ou de guerre.
  • Les bureaucraties qui sont les plus empressées à favoriser le nucléaire sont aussi celles qui ont tendance à encourager les armes nucléaires dans de nombreux pays, y compris dans ceux qui possèdent déjà des armes nucléaires. Ces bureaucraties nucléaires continuent de nourrir le désir d'une économie du plutonium malgré les échecs techniques, écologiques et les désavantages économiques. Contrairement aux discours officiels, il s'agit d'une incitation à la continuation de la prolifération.
  • Les centrales nucléaires peuvent devenir des cibles en cas de guerre conventionnelle. Les conséquences sur la santé et l'environnement seraient catastrophiques.
  • L'encouragement au développement de l'énergie nucléaire aggrave les conflits, les instabilités et les incertitudes dans les régions de l'Asie du centre et de l'ouest (y compris le golfe Persique). Le conflit entre les Etats-Unis d'un côté et la France, la Communauté européenne, la Russie, la Malaisie et l'Iran de l'autre, à propos des investissements français, malaysiens, et de Gazprom pour le gaz iranien en constitue un exemple important.

 

A moins que l'Occident, qui a été le premier à idéaliser l'énergie nucléaire, n'y renonce et commence à en sortir progressivement, il est peu probable que les autres pays l'abandonnent. L'Occident n'aura pas non plus de raison de refuser aux autres l'acquisition de cette technologie. Par exemple, bien que l'Iran soit en conformité avec les inspections et le système de garantie de l'AIEA, les Etats-Unis ont manifesté beaucoup d'inquiétude quant aux conséquences possibles de son achat de réacteurs russes du point de vue de la prolifération. En effet les Etats-Unis soupçonnent l'Iran d'avoir un programme secret de fabrication d'armes nucléaires. Il est à la fois ironique et instructif que les Etats-Unis aient été les premiers à encourager les ambitions nucléaires iraniennes dans les années 70, avant la révolution de 1979. Bien que la sortie progressive du nucléaire de l'Occident ne garantisse aucun progrès dans d'autres domaines, pas plus qu'une sortie progressive dans tous les autres pays, elle est néanmoins une condition essentielle pour rendre moins difficiles à gérer les problèmes associés au pétrole, au gaz naturel et aux GES. Comme on l'a vu plus haut,le problème de la gestion à long terme du combustible irradié ne peut aussi être pris en compte d'une façon satisfaisante sans une sortie progressive du nucléaire.

L'énergie nucléaire ne peut pas être éliminée immédiatement ou sans une planification prudente. En effet, dans certains pays, si les centrales nucléaires étaient arrêtées toutes en même temps, cela aurait comme conséquence une désorganisation grave ou même un arrêt complet des réseaux électriques, en partie, ou dans leur totalité. La France, l'Allemagne, le Japon, certains endroits de l'ex-Union soviétique et de l'Europe de l'Est et des régions des Etats-Unis sont dans ce cas. Il faudra, tout en préconisant une sortie progressive du nucléaire, proposer et mettre en oeuvre une politique énergétique claire qui prenne en compte le problème des émissions des GES et les besoins d'énergie de la majorité des habitants de la planète. Plusieurs politiques, technologies et suggestions viables ont été proposées (l'article donne un exemple détaillé).


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novembre 1999



LES NOTES BAS DE PAGE

1. Rapportez vous au tableau des accidents des réacteurs dans le rapport de l'IEER de 1996, The Nuclear Power Deception de Arjun Makhijani et Scott Saleska, p.121. Ce tableau se trouve également sur la page web de l'IEER.

2. Ceci est discuté en détail dans Nuclear Power Deception. Les passages, en anglais, les plus importants de ce rapport sont disponibles sur le web à www.ieer.org/reports/npd.html.

3. Atomic Energy Commission, Theoretical Possibilities and Consequences of Major Accidents in Large Nuclear Power Plants: A Study of Possible Consequences if Certain Assumed Accidents, Theoretically Possible but Highly Improbable Were to Occur in Large Nuclear Power Plants. WASF-740, U.S. Atomic Energy Commission, Washington D.C., Mars 1957.

4. Zhores A. Medvedev, The Legacy of Chernobyl, (New York; W.W. Norton, 1990 ), p. 78. (Le Docteur Medvedev a aussi été le premier scientifique soviétique à rendre compte ouvertement de l'explosion d'une cuve de déchets de haute activité à Tchelyabinsk-65 en 1957.) Il est important de noter que les estimations officielles (soviétiques) des rejets de Tchernobyl sont ajustées, elles ne tiennent pas compte des 10 premiers jours après l'accident. C'est une des raisons de la sous-estimation.

5. Nuclear Power Deception, pp. 118­120.

6. Nuclear Power Deception, Chapitres 3 et 4.

7. Edouard Launet, "EDF trouve l'addition du plutonium trop salée," Libération, 17 Avril 1997.

8. C'est un coût en dessous de sa valeur, c'est-à-dire que c'est la valeur actuelle des futurs coûts supplémentaires d'électricité encourus si une centrale électrique est construite au lieu d'une usine à cycle combiné. Ce coût tient compte des coûts plus élevés du combustible pour une usine à cycle combiné et du fait que ces coûts sont encourus durant l'exploitation de l'usine. La valeur présente d'un coût ou d'une recette future, est obtenue en la rabaissant, parce que l'argent futur vaut moins que le liquide dont on dispose immédiatement.

9. On peut trouver des informations supplémentaires sur les conséquences de l'énergie nucléaire dans Energie et Sécurité, (le bulletin international d'IEER), numéros 1 à 3. Une copie papier peut être obtenue auprès de l'IEER. Ces numéros se trouvent également sur notre page web.

10.Beaucoup de réacteurs à propulsion nucléaire des sous marins ne fabriquent pas de quantités importantes de plutonium parce qu'ils utilisent de l'uranium hautement enrichi comme combustible, mais, cet uranium hautement enrichi peut être aussi utilisé pour fabriquer des armes nucléaires. Il a été proposé des réacteurs qui utiliseraient de l'uranium 233 comme combustible et ainsi ne produiraient pas de plutonium. L'uranium 233 ne se trouve pas dans la nature et doit être fabriqué à partir de thorium 232. Il n'existe aucun réacteur commercial de ce type. Un combustible comprenant de l'uranium 235 et du thorium 232, qui produirait de l'uranium 233 a été proposé pour les réacteurs à eau ordinaire déjà en service. (Voir: Alex Galperin, Paul Reichert, et Alvin Radkowsky, "Thorium Fuel for Light Water ReactorsReducing Potential Proliferation from Nuclear Power Fuel Cycle." Science & Global Security Vol. 6 (1996) pp. 267-292). Cependant, l'affirmation selon laquelle ce genre de combustible peut éliminer presque entièrement les inquiétudes au sujet de la prolifération, ne résiste pas à un examen minutieux puisque l'uranium-233, comme le plutonium-239, pourrait être utilisé pour les armes.

11.Pour des chiffres sur les stocks de plutonium civil, reportez-vous à David Albright, Frans Berkhout and, William Walker, Plutonium and Highly Enriched Uranium 1996: World Inventories Capabilities and Policies, (Oxford: Oxford University Press, 1997), p.230. Les stocks mondiaux augmentent d'environ 20 tonnes par an. Voir aussi, Energie et Sécurité No.1.

12. L'article du TNP déclare que "Toutes les Parties au Traité s'engagent à faciliter un échange aussi large que possible d'équipement, de matières et de renseignements scientifiques et technologiques en vue des utilisations de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, et ont le droit d'y participer. Les Parties du Traité en mesure de le faire devront aussi coopérer en contribuant au développement plus poussé des applications de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques "

13. EDF considère le plutonium comme gratuit depuis 1992. Néanmoins, la valeur du plutonium commercial a une valeur négative puisqu'il coûte en gros FF 600 000 par kilo (de plutonium) pour l'extraire du combustible irradié.

14. National Research Council, Nuclear Wastes: Technologies for Separation and Transmutation, (Washington DC: National Academy Press, 1996).