IEER | Énergie et Sécurité No. 40


Les coûts de l’énergie nucléaire : de plus en plus élevés

Par Arjun Makhijani, Ph.D.


Après la spectaculaire faillite de la propagande des années 1950 à la gloire d’une énergie nucléaire qui serait « trop bon marché pour relever le compteur » mise en évidence par l’annulation de dizaines de centrales nucléaires jugées trop coûteuses à construire ou achever, on assiste actuellement à une nouvelle campagne en faveur de l’énergie nucléaire aux États-Unis. Certains partisans de la « renaissance » nucléaire basent leur argumentation sur la notion que l’énergie nucléaire sera une façon peu coûteuse — de développer de nouveaux moyens de production en base et de combattre le réchauffement climatique. D’autres pensent qu’elle peut devenir rentable si le prix des émissions de dioxyde de carbone devient suffisamment élevé.

Estimations de coûts pour l’énergie nucléaire

Les principaux coûts liés à une centrale nucléaire commerciale sont les coûts du capital. Les coûts d’exploitation concernent le combustible qui est généralement de l’uranium faiblement enrichi ; les autres coûts d’exploitation et de maintenance représentent une portion relativement faible du coût total de l’énergie nucléaire. Il faudrait encore ajouter à ces deux postes les coûts de gestion et d’évacuation des combustibles usés ainsi que les coûts de mise hors service définitif.

Les coûts d’investissement de l’énergie nucléaire consistent principalement en deux éléments :

  • Le « coût instantané » (« overnight ») de la centrale : c’est le coût qui serait encouru si l’installation pouvait être construite instantanément.
  • Les coûts supplémentaires au cours de la construction, notamment le coût des intérêts.

Le coût instantané de l’énergie nucléaire est controversé. Un rapport de 2003 du MIT (Massachusetts Institute of Technology) , en faveur de la construction de centrales nucléaires, l’estimait à 2 000 $ le kilowatt (kW), alors qu’une étude de 2004 de l’Université de Chicago l’estimait à 1 500 $ par kW.1 Les estimations américaines actuelles et l’expérience concrète en Europe occidentale avec le Réacteur européen à eau pressurisée (EPR) sont beaucoup plus élevées.

Ainsi, le PDG de Duke Energy, qui veut construire des centrales nucléaires, a donné une estimation de 2 500 à 2 600 $/kW pour les coûts du capital.2 En utilisant comme point de départ le chiffre de 2 500 $/kW, la contribution des coûts du capital au coût de l’électricité dépasse à elle seule les 4 cents par kilowattheure (kWh). Les intérêts pendant la construction ajouteraient 1 à 2 cents par kWh (selon les taux d’emprunt, la prime de risque et la durée de la construction). Les coûts de combustible et les autres coûts d’exploitation et de maintenance sont de 1,5 à 2 cents.3 En ajoutant 0,1 cent par kWh pour l’évacuation des combustibles usés (le montant de la taxe fédérale actuelle) et une petite charge financière pour la mise à l’arrêt définitif,4 on arrive à un coût total d’environ 7 à 8 cents du kWh.

Il s’agit de coûts basés sur des chiffres de l’industrie et les hypothèses des partisans de l’énergie nucléaire. Un examen plus réaliste a été réalisé par un comité d’étude mixte qui comptait dans ses rangs des responsables de l’industrie nucléaire ainsi que des personnes plus sceptiques par rapport à un retour de l’énergie nucléaire sur le devant de la scène. Ce comité a été réuni par le Keystone Center. Ses recherches sont arrivées à la conclusion que les coûts capital pour une centrale nucléaire achevée, en tenant compte des intérêts pendant la construction, se situeraient aux alentours de 3 600 à 4 000 $ par kilowatt. Les estimations de coût extraites du Tableau 6 du rapport du Keystone Center sont reproduites dans le Tableau 1.

Tableau 1 : Estimations des coûts de l’électricité nucléaire pour de nouvelles centrales aux États-Unis

Type de coûts Hypothèse basse Hypothèse haute
Coûts du capital 4.6 6.2
Combustibles 1.3 1.7
Frais fixes d’exploitation et de maintenance 1.9 2.7
Frais variables d’exploitation et de maintenance 0.5 0.5
Total (en cents/kWh actualisés) 8.3 11.1

Source : Keystone Center

En réalité, les choses s’avèrent même plus problématiques. La seule centrale nucléaire actuellement en cours de construction dans un pays occidental et dont les travaux sont bien avancés est un réacteur européen à eau pressurisée (EPR). Il s’agit de l’EPR finlandais construit par AREVA, la société française de fabrication de réacteurs et de retraitement. Au départ, le coût du réacteur, dont la puissance nominale est de 1 600 mégawatts, était estimé à 3 milliards d’euros. Aujourd’hui il atteint 4,5 milliards d’euros. Au taux de change actuel, cette somme correspond à environ 4 000 $ par kW, c’est-à-dire dans le haut de la fourchette des estimations de coûts d’investissements du rapport du Keystone Center. En outre, le réacteur n’est pas encore terminé. Jusqu’ici, il affiche un retard de deux ans.5

Il est à remarquer qu’AREVA a conclu un contrat clé en main avec la Finlande, acceptant d’absorber tous les coûts excédant 3,2 milliards d’euros.6 Dans la mesure où la société appartient à hauteur de 85 % environ au gouvernement français, ce sont les contribuables français qui paieront l’essentiel de la facture correspondant au dépassement. À l’évidence, la « main invisible » de l’industrie nucléaire sera à rechercher dans les poches des contribuables ou des consommateurs, ou des deux.

Wall Street et le nucléaire

Aucune centrale nucléaire n’a été commandée aux États-Unis depuis 1978. La dernière qui a été effectivement achevée et mise en exploitation a été commandée en octobre 1973.

Les risques de l’énergie nucléaire sont tels que Wall Street reste sceptique vis-à-vis de cette technologie et aucune société n’est prête à commander une centrale sans garanties d’emprunt fédérales. C’est pourquoi, malgré toute la rhétorique qui tourne autour de la « renaissance nucléaire », aucune société aux États-Unis n’a encore commandé une centrale, même si certaines ont déposé diverses demandes d’autorisation qui seront nécessaires pour leur construction. La main tendue de l’industrie nucléaire au gouvernement fédéral pour obtenir une garantie d’emprunt à 100 %, lui permettrait d’abaisser le coût des intérêts.

Moody’s, une des sociétés d’analyse financière de Wall Street, a estimé en octobre 2007 que les coûts d’investissements « tout compris » pour de nouvelles centrales nucléaires (y compris les intérêts pendant la construction et les améliorations nécessaires à la construction sur les sites déjà existant) ont été sous-estimés et qu’ils se situeraient probablement dans la zone des 5 à 6 000 $ par kW. L’utilisation de ce dernier chiffre ferait passer à 14 cents/kWh l’estimation la plus haute du Keystone Center pour l’électricité nucléaire à partir de nouvelles centrales (dans la mesure où les coûts d’investissement augmenteraient de 6,2 cents à environ 9 cents par kWh).

Le point de vue de l’industrie

Beaucoup, au sein même de l’industrie nucléaire, comme le PDG de Duke Energy, savent que l’énergie nucléaire est un investissement risqué et c’est pourquoi ils insistent pour avoir des garanties d’emprunt du gouvernement. Toutefois, certains entrepreneurs nucléaires en herbe mettent toujours en avant le fantasme rétro des années 1950 d’une énergie nucléaire bon marché.

Par exemple, le Plan intégré des ressources 2007 de la PacifiCorp, un producteur d’électricité de la Côte Ouest, estime qu’une nouvelle centrale nucléaire peut être construite pour 2 635 $ par kW, y compris les intérêts pendant la construction. En utilisant un taux effectif peu élevé pour les intérêts et la rémunération des capitaux, les charges de capital sont estimées à seulement 210,97 $/kW.7 En adoptant un facteur de charge de 85 pour cent, cela veut dire que les coûts d’investissement pour l’énergie nucléaire ne s’élèveraient qu’à 2,8 cents par kWh en dollars de 2006. C’est encore moins que le chiffre de l’étude de 2003 du MIT. D’autant plus que depuis, les coûts des installations ont grimpé, qu’elles soient nucléaires, à charbon ou éoliennes.

PacifiCorp estime aussi les coûts d’exploitation et de maintenance à environ 2,3 cents par kWh, ce qui amènerait le coût total de l’électricité à environ 5,1 cents par kWh. Étant donné l’évolution des coûts, ce chiffre est très inférieur à toutes les estimations réalistes pour l’électricité nucléaire, comme celles de l’étude du Keystone Center ou les coûts réels du projet EPR finlandais. Il serait intéressant de savoir si PacifiCorp en resterait à son estimation et fournirait un projet clé en main, par exemple à l’État de l’Utah, comme AREVA l’a fait pour la Finlande, c’est-à-dire à un coût total installé ferme, comprenant tous les coûts de la construction et des emprunts.8

Un exemple encore plus extrême est celui de Alternate Energy Holdings, Inc, qui propose de construire un EPR dans le Comté d’Owyhee dans le sud-ouest de l’Idaho. Au cours d’une interview radio le 30 juillet 2007,9 l’échange suivant a eu lieu entre l’animateur et le PDG de la société, Don Gillispie :

L’animateur : Et il s’agit d’une installation qui représente 3,5 milliards de dollars.

M. Gillispie : C’est vrai. Ça n’est pas bon marché. Les nouvelles centrales produisent une électricité très bon marché mais les coûts d’investissement sont élevés. Normalement, les coûts d’investissements, comme vous le savez, pour tout investissement, ne sont pas supportés par le…, ils sont vraiment supportés en grosse partie par les investisseurs et les prêteurs mais, sur le fond, nous pouvons produire une électricité à un coût situé entre 1 et 2 cents par kilowattheure. Il n’y a rien aux États-Unis qui puisse faire ça. La seule chose qui s’en rapproche, c’est l’hydraulique. Bien sûr, on est arrivé au bout de l’hydraulique. Il ne représente plus que six pour cent de notre alimentation électrique aux États-Unis.

Même si une partie des affirmations de M. Gillispie est réaliste (un développement important de l’hydraulique n’est pas une option viable), le reste de cet échange est fallacieux. Tout d’abord, il est très improbable que les coûts d’exploitation pour le combustible et hors combustible n’atteignent que 1 cent/kWh. Les 2 cents du haut de la fourchette seraient beaucoup plus représentatifs des coûts actuels, dans lesquels la récente hausse des prix de l’uranium n’a pas été intégrée. Étant donné les prix élevés de l’uranium et la pénurie de main d’œuvre qualifiée, les coûts d’exploitation et de maintenance pourraient bien s’avérer plus élevés. Le rapport du Keystone Center estime qu’ils se situent entre 3,7 et 4,9 cents par kWh (voir Tableau 1). Même PacifiCorp les a estimés aux alentours de 2,3 cents par kWh.

Deuxièmement, même si les capitaux sont généralement apportés par des investisseurs et des prêteurs, ces derniers ne sont pas des services publics ou des organismes de bienfaisance. Ils le font pour obtenir un retour sur leurs investissements. Étant donné les risques des projets nucléaires, les investisseurs exigent normalement une prime pour investir dans ce secteur. Ces coûts sont incorporés aux tarifs de l’électricité et doivent être payés par les consommateurs, c’est-à-dire par les ménages et les entreprises de l’Idaho qui achèteront l’électricité et ceux, à l’extérieur de l’État, qui pourraient choisir de l’acheter. Ces coûts, compte tenu des intérêts pendant la construction, seraient de l’ordre de 4 à 6 centimes par kWh, et peut-être plus.

Alternatives au nucléaire

En outre, il y a un risque réel que les centrales nucléaires soient économiquement obsolètes avant même leur construction. L’énergie éolienne est d’ores et déjà plus rentable que l’énergie nucléaire. De nouvelles capacités éoliennes se mettent en place assez rapidement, notamment dans certaines régions des États-Unis.

Une analyse des coûts du solaire photovoltaïque dans mon livre, Carbon-Free and Nuclear-Free, indique que les coûts pour le solaire photovoltaïque devraient être de 2 000 $/kW crête ou moins dans les dix prochaines années.10 Le Département américain de l’énergie prévoit que l’énergie solaire deviennent compétitive d’ici quelques années. Il a indiqué que l’énergie solaire est « en passe de réduire le coût de l’électricité photovoltaïque de son niveau actuel de 0,18-0,23 $/kWh à 0,05-0,10/kWh d’ici 2015, un coût compétitif sur les marchés dans tout le pays. »11

Sur la base de cette prévision, les coûts de l’électricité solaire pourraient bien être équivalents ou inférieurs à ceux de l’électricité nucléaire en 2015, la date la plus proche où une nouvelle centrale nucléaire pourrait être raccordée au réseau aux États-Unis. Par ailleurs, les installations solaires de moyenne puissance, comme celles qui sont installées sur les grands toits des bâtiments commerciaux ou dans de grands parcs de stationnement (voir photo ci-dessous), ne nécessiteront pas de coûts supplémentaires pour la transmission ou la distribution, à la différence d’une centrale nucléaire. Si de telles installations alimentent des quartiers entiers, certains coûts de distribution seront probablement nécessaires pour moderniser les systèmes de distribution. Ces coûts pourraient généralement être de 1 à 2 cents par kWh.

« Solar Grove », San Diego, Californie. Le parc de stationnement du siège de Kyocera pour l’Amérique du Nord comprend un système de production électrique solaire de 25 panneaux et 235 kilowatts, qui fournit également de l’ombre à 186 véhicules. (Copyright 2007 Kyocera Solar, Inc. Tous droits réservés.)

Si le coût à la livraison de l’électricité solaire pour le secteur commercial est de l’ordre de 5 à 10 cents par kWh et si celui pour le secteur résidentiel à partir d’installations intermédiaires est dans la fourchette des 7 à 12 cents, les nouvelles centrales nucléaires deviendront vite économiquement obsolètes, peut-être même avant que la « renaissance nucléaire » n’alimente le réseau.

L’électricité nucléaire présente au moins autant de risques que dans les années 1970, au moment où a eu lieu une vague de commandes de centrales, qui a abouti à des dizaines d’annulations et des dizaines de milliards de dollars gaspillés. Les consommateurs et les contribuables auront-ils encore à renflouer l’industrie nucléaire, au prix de dizaines de milliards de dollars supplémentaires? Ils l’ ont déjà fait sous forme de « coûts échoués » dans les années 1990 au moment de la déréglementation des exploitants nucléaires.

Aujourd’hui, les enjeux vont bien au-delà de l’argent. Nous avons trop peu de temps pour le gaspiller à poursuivre de fausses pistes économiques, particulièrement celles qui viennent compliquer le casse-tête des déchets nucléaires et de la prolifération déjà présents. La charge de la preuve incombe à ceux qui disent que l’énergie nucléaire doit « rester une option » . L’IEER a déjà montré qu’un système électrique fiable peut être bâti sans recourir à l’atome ou aux combustibles fossiles (voir l’article de ce même numéro « Un réseau électrique fiable avec des renouvelables »).12

 


LES NOTES BAS DE PAGE

1 Massachusetts Institute of Technology, The Future of Nuclear Power: An Interdisciplinary MIT Study (Cambridge: MIT, 2003), sur le Web http://web.mit.edu/nuclearpower ; University of Chicago, The Economic Future of Nuclear Power (Chicago: The University, août 2004), sur le Web http://www.anl.gov/Special_Reports/NuclEconAug04.pdf ; et Brice Smith, Insurmountable Risks: The Dangers of Using Nuclear Power to Combat Global Climate Change (Takoma Park, MD: IEER Press; Muskegon, MI: RDR Books, 2006).

2 North Carolina Utilities Commission, In the Matter of: Application for Approval for an Electric Generation Certificate to Construct Two 800 MW State of the Art Coal Units for Cliffside Project in Cleveland/Rutherford Counties. E-7, Sub 790-Vol. 6, 19 janvier 2007.

3 Le Nuclear Energy Institute avance pour 2006 des coûts de combustibles de 0,46 cent par kWh et des coûts d’exploitation et de maintenance de 1,26 cent par kWh, ce qui donne des coûts d’exploitation totaux pour 2006 de 1,72 cents par kWh. Sur le web : http://www.nei.org/resourcesandstats/nuclear_statistics/costs.

4 La Commission de la réglementation nucléaire (NRC) estime que la fermeture et la mise à l’arrêt définitif d’un réacteur « peut coûter 300 millions de dollars ou plus… » Voir http://www.nrc.gov/reading-rm/basic-ref/students/decommissioning.html. Le rapport Keystone fait l’hypothèse d’un coût de mise à l’arrêt de 500 millions de dollars. Sur cette base, le coût serait inférieur à 0,1 cent par kWh. Keystone Center, Nuclear Power Joint Fact-Finding (Keystone,CO: Keystone Center, juin 2007), sur le Web http://www.keystone.org/spp/documents/FinalReport_NJFF6_12_2007(1).pdf.

5 Myriam Chauvot, « Les nouveaux retards de l'EPR finlandais vont peser sur les comptes d'Areva », 13/08/07, sur le Web http://www.lesechos.fr/info/energie/4610065.htm.

6 Dominique Voynet « Coût du nucléaire français à l’exportation pour le contribuable », 21 juin 2006, sur le Web http://dominiquevoynet.net/v2/index.php/2006/06/21/18-cout-du-nucleaire-francais-a-lexportation-pour-le-contribuable.

7 PacifiCorp a utilisé un taux de remboursement de 8,01 pour cent seulement pour estimer le coût annuel d’un investissement de 2 635 $. Il est à noter que la société a fait l’hypothèse d’un taux de remboursement de 9,48 pour cent pour l’énergie éolienne. PacifiCorp, 2007 Integrated Resource Plan (PacificCorp: Portland, OR, 2007), p. 95, sur le Web http://psc.state.wy.us/htdocs/dwnload/irp/2007PacifiCorpIRP.pdf.

8 Peter Bradford, un ancien membre de la Commission de la réglementation nucléaire, a suggéré une telle stratégie à des responsables en Utah, au cours d’une visite à cet endroit le 2 novembre 2007. La Planification intégrée des ressources de PacifiCorp indique qu’elle envisage l’énergie nucléaire comme une « option viable » pour l’avenir.

9 Sur le Web http://www.alternateenergyholdings.com/news.html, consulté le 26 novembre 2007.

10 Arjun Makhijani, Carbon-Free and Nuclear-Free: A Roadmap for U.S. Energy Policy (Takoma Park, MD: IEER Press; Muskegon, MI: RDR Books, 2007), pp. 37–40, sur le Web http://www.ieer.org/carbonfree/.

11 United States Department of Energy, DOE Selects 13 Solar Energy Projects for Up to $168 Million in Funding: First Funding Awards for Solar America Initiative to Make Solar Technology Cost-Competitive by 2015 (Washington, DC: DOE, Office of Public Affairs, 8 mars 2007), sur le Web http://www.energy.gov/news/4855.htm.

12 Makhijani 2007, op cit.

 


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(La version anglaise de ce numéro, Science for Democratic Action v. 15, no. 2, a été publiée en janvier 2008.)

Mise en place en avril 2008