

Par Arjun Makhijani1
En 1996, le Département de l’énergie des États-Unis (DOE) a publié un bilan historique sur le plutonium militaire souvent appelé le « 50 Years Report » (« Rapport du cinquantenaire ») parce qu’il contient des données sur les cinquante premières années de la production du plutonium aux États-Unis. Le rapport contient également des données détaillées sur les stocks de plutonium des différents sites du DOE. Dans le cadre de la préparation de cet historique, qui faisait partie de l’Initiative de transparence de la Secrétaire à l’énergie de l’époque, Mme Hazel O’Leary, le DOE a également entrepris un effort pour évaluer la quantité de plutonium contenue dans les déchets générés pendant la production et le traitement du plutonium dès le démarrage du complexe nucléaire militaire pendant le Projet Manhattan. Au cours de la compilation des données, le DOE a découvert que les inventaires des quantités de plutonium présentes dans les déchets qui apparaissaient dans les documents de comptabilité des matières nucléaires au siège du DOE ne correspondaient pas aux inventaires de plutonium dans les déchets établis par les Operations Offices du DOE (les sites). Les écarts étaient dans certains cas considérables, le Laboratoire national de Los Alamos (désigné ci-après par Los Alamos, LANL ou le laboratoire) présentant de loin la plus grande différence. Un mémorandum interne préparé pour la Secrétaire d’État H. O’Leary a indiqué un écart atteignant 765 kilogrammes à Los Alamos, soit de quoi fabriquer environ 150 armes nucléaires.2 Pendant des années l’Institute for Energy and Environmental Research (IEER) a exhorté le DOE et Los Alamos à traiter cette question, mais il n’a reçu en réponse que des propos relevant des relations publiques.3 L’IEER a donc entrepris sa propre analyse détaillée du plutonium dans les déchets de Los Alamos, sur laquelle cet article est basé. Il est à noter que les écarts discutés ici sont différents de ceux qui sont couverts par la rubrique générale des « différences d’inventaire » (Material Unaccounted For — MUF), ou un terme équivalent pour la même chose, les « différences stock comptable-stock physique » (Book-Physical Inventory Differences —B-PID). Les différences d’inventaires concernant les MUF et les B-PID découlent de facteurs comme des erreurs de mesure ou une rétention imprévue de matières dans les zones de traitement. La présente analyse ne porte pas sur de telles différences d’inventaire. Cet article et le rapport sur lequel il est basé portent sur les écarts qui existent entre deux ensembles de comptes, relatifs à la quantité de plutonium présente dans les déchets. En effet, pour une partie du système comptable sur le plutonium, nous avons affaire à deux ensembles de comptes. Nous avons principalement découvert que, selon les archives officielles, la différence s’élève à environ 300 kg, ce qui suffirait à la fabrication de 60 bombes nucléaires. La comptabilité des matières à des fins de sécurité à Los Alamos indique que le laboratoire a produit des déchets contenant 610 kilogrammes de plutonium. Cette comptabilité porte le nom de Système de gestion et de garanties pour les matières nucléaires (Nuclear Materials Management and Safeguards System — NMMSS). Mais lorsqu’on additionne les différents décomptes de déchets, le total dépasse à peine 300 kilogrammes. Ces résultats amènent à se poser certaines questions :
C’est dans cette dernière hypothèse que les implications pourraient être les plus graves pour la sécurité, parce que cela signifierait que le plutonium qui a été déclaré comme présent dans les déchets la comptabilité principale à des fins de sécurité a pu être détourné à des fins non autorisées. La discordance des chiffres reste inexpliquée. Les conséquences éventuelles du point de vue de l’environnement, de la santé et de la sécurité d’une telle anomalie dans l’inventaire de plutonium sont graves. Il est utile de rappeler dans ce contexte que l’Agence internationale de l’énergie atomique a contraint le Japon à des normes comptables très strictes suite à des écarts dans les comptes de plutonium qui s’élevaient à environ 200 kilogrammes. Du fait de ces irrégularités, le Japon a dû se soumettre à des inspections et donner des explications sur ses installations contenant du plutonium. Les États-Unis, en revanche, parce qu’ils sont un État doté d’armes nucléaires, sont dispensés de rendre des comptes dans le domaine nucléaire militaire, en dépit des évidentes implications mondiales en termes de non-prolifération des irrégularités de ses propres comptes de plutonium. À titre de comparaison, 300 kilogrammes représentent environ sept fois la quantité de plutonium que posséderait la Corée du Nord. Cette quantité a très justement suscité une très grande inquiétude des États-Unis et d’autres pays, ainsi que de l’Agence internationale de l’énergie atomique.4 La comptabilité des matières nucléaires La Figure 1 est un diagramme schématique d’une comptabilité
de matières nucléaires, dans ce cas d’un décompte
de plutonium militaire. Globalement, la quantité de matière
qui entre dans une installation (M) devrait être égale
à la quantité qui est expédiée sous forme
de produit fini (P), plus la quantité qui part des zones de traitement
de sécurité dans les déchets (W), plus la variation
de stock sur le site (?I). Tout écart entre la quantité
entrant dans l’installation et les autres quantités cumulées
devrait se situer dans la fourchette des erreurs de mesures.
Il devrait y avoir un seul chiffre pour chacune des quantités comptables (matière entrante, produit, déchets, variation de stock). Mais le DOE a deux chiffres pour le plutonium contenu dans les déchets (W) :
La quantité de plutonium devrait normalement être la même dans les deux comptabilités. Ceci veut dire que la quantité de plutonium qui entre dans la comptabilité NMMSS en tant que déchet doit être la même que celle que l’on pense être possédée par le département de la gestion des déchets, dans la mesure où ces déchets sont les mêmes que ceux qui sont sortis des zones de sécurité. Le fait que les deux chiffres ne correspondent pas à Los Alamos (et sur certains autres sites) a créé un certain émoi à l’intérieur du DOE, qui a mis en place un « groupe de travail pour étudier les différentes méthodes comptables pour les données sur le plutonium, pour résoudre les différences entre ces méthodes, et pour formuler des recommandations quant au bien-fondé de changements dans la façon dont le Département assure un suivi de ses stocks de plutonium. »5 Ceci traduit la gravité que le DOE lui-même accordait à ces écarts en 1996, quand les stocks de plutonium et les comptes ont été rendus publics. Le groupe de travail n’a toutefois pas produit de rapport public. Autant qu’on puisse le savoir, il n’a même rédigé aucun rapport. L’IEER a donc réalisé sa propre analyse en utilisant les données les plus récentes établies par le DOE. Le Tableau 1 illustre l’écart entre les quantités de plutonium rejetées dans les déchets telles qu’indiquées dans la comptabilité de la gestion des déchets d’une part et d’autre part telles qu’elles apparaissent dans la comptabilité NMMSS. Pour rendre compte des incertitudes, nous avons fait deux estimations, sur la base des données officielles, des quantités de plutonium présentes dans le sol en subsurface6 à Los Alamos, 100 kilogrammes et 140 kilogrammes. La seconde colonne de chiffres dans le Tableau 1 correspond aux déchets évacués vers l’Installation pilote de confinement des déchets (WIPP) et à ceux qui sont entreposés à Los Alamos en attente d’une évacuation vers la WIPP. Le total de tous ces éléments, dont différents documents officiels indiquent la présence dans la comptabilité des déchets, se situe entre 300 kilogrammes (estimation réaliste) et 340 kilogrammes (estimation haute). Dans la mesure où la comptabilité NMMSS signale que 610
kilogrammes de plutonium ont été expédiés
sous forme de déchets hors du périmètre de sécurité,
il y a un écart important évident. L’estimation
basse pour cet écart est de 270 kilogrammes, l’estimation
plus réaliste se situant autour de 310 kilogrammes. L’estimation
haute de l’IEER pour cet écart est de 350 kilogrammes.
Nous avons également étudié les évaluations
annuelles des rejets de déchets qui étaient inscrits dans
la comptabilité NMMSS. La comptabilité des matières
de l’installation servant à la sécurité (correspondant
au schéma simplifié de la Figure 1) est effectuée
chaque année et, de ce fait, les quantités de plutonium
rejetées dans les déchets doivent également être
déclarées chaque année. Le Tableau 2 indique les
rejets annuels de plutonium dans les déchets dans la comptabilité
NMMSS. Il est à remarquer que le nombre figurant dans la ligne
1968 est un cumul jusqu’à cette date.
Selon la comptabilité NMMSS pour le plutonium dans les déchets, reproduite dans le Tableau 2, la grande majorité du plutonium, un peu plus de 560 kilogrammes sur un total de 610 kilogrammes, a été rejetée dans des flux de déchets dans les années 1980 et 1990, dont plus de 500 kilogrammes pour les seules années 1980. Les archives sur les déchets transuraniens montrent que l’enfouissement sur le site d’importantes quantités de plutonium dans les déchets s’est arrêté en 1979. La comptabilité des déchets du WIPP, dont l’exactitude a été certifiée par l’EPA en 2004 et à nouveau en 2005,7 fait apparaître un total d’environ 200 kilogrammes de plutonium seulement dans les déchets entreposés au LANL ou qui ont été transportés du LANL au WIPP. Donc, si la comptabilité des déchets du NMMSS de Los Alamos, apparaissant dans le Tableau 2, est correcte, alors une erreur importante, d’environ 360 kilogrammes (560 moins 200), doit exister dans les comptes du WIPP. L’IEER a obtenu la confirmation par M. l’Ambassadeur Linton Brooks, Administrateur de l’Administration nationale de sécurité nucléaire (NNSA), qui fait partie du DOE, que « le Département de l’énergie a une confiance absolue dans les informations qui figurent dans les systèmes de comptabilité de l’installation et le NMMSS. »8 Parallèlement, Mme Bonnie Gitlin, directrice intérimaire de la Division de la radioprotection de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), nous a affirmé que les données du WIPP sur les déchets respectaient les spécifications techniques et juridiques nécessaires à une expédition au WIPP.9 Ces spécificités juridiques et techniques ne permettent pas des incertitudes aussi importantes qui pourraient, par exemple, entraîner des risques imprévus de criticité. Dans la mesure où quelques kilogrammes de plutonium seulement peuvent être à l’origine de tels risques, un écart de plusieurs centaines de kilogramme est a priori inacceptable. Mais la comptabilité NMMSS suppose clairement qu’il doit y avoir environ 360 kilogrammes de plutonium de plus dans les déchets du WIPP que ne le font apparaître les données du WIPP jusqu’à aujourd’hui. Donc, si les comptes NMMS sont corrects, les comptes du WIPP doivent être faux. Ceci signifie que le processus de caractérisation et de certification des déchets du WIPP présente de sérieuses lacunes, puisqu’il passe à côté de plus de la moitié du plutonium que la comptabilité NMMSS indique comme présent dans les flux de déchets des années 1980 et 1990, quand ces déchets ont presque tous été entreposés de manière réversible pour un stockage ultérieur au WIPP. En bref, il y a une incompatibilité fondamentale entre la comptabilité du WIPP qui a été certifiée comme respectant les critères juridiques et techniques de l’EPA, et celle du NMMSS que la NNSA considère comme complètement fiable. Ces deux assertions ne peuvent être vraies en même temps. En fait, l’une d’entre elles doit être fausse. Et bien sûr, il est possible que les deux soient fausses. Si les comptes du WIPP présentent une erreur qui atteint 360 kilogrammes, ceci signifie un échec flagrant du processus de certification pour les déchets transuraniens à Los Alamos. L’IEER, en collaboration avec le Southwest Research and Information Center, a appelé l’EPA à suspendre tout nouveau transport de Los Alamos au WIPP tant que les écarts sur les quantités de plutonium ne reçoivent pas une explication satisfaisante. L’IEER a également demandé à la NNSA de poursuivre ses recherches sur la question. Enfin, l’Inspection générale du DOE a accepté d’accepter l’analyse de l’IEER à titre de plainte. Mais il a décidé de ne pas procéder à un audit complet et de s’en tenir à la déclaration de l’Administrateur de l’Administration nationale de la sécurité nucléaire affirmant que la comptabilité des matières nucléaires pour les garanties est correcte. Il est possible que des quantités beaucoup plus importantes de déchets aient été enfouies sur le site avant les années 1970, alors que des déchets contenant d’importantes concentrations en plutonium étaient conditionnés dans des conteneurs rudimentaires et enfouis dans des fosses et des tranchées. C’était alors la pratique habituelle dans l’ensemble du secteur nucléaire militaire. La catégorie spéciale « déchets transuraniens » destinés à l’évacuation en site géologique a été créée à la suite du scandale causé par l’important incendie de plutonium à Rocky Flats en 1969. (Los Alamos a continué à enterrer des déchets transuraniens après cette date, jusqu’en 1979, avec l’idée qu’ils seraient ensuite récupérés ; cette hypothèse s’est finalement révélée fausse.) Des communications officielles tout comme des avis informels ont laissé entendre que le plutonium manquant devait se trouver dans les déchets qui ont été enfouis dans les deux ou trois premières décennies. Toutefois, cette explication est loin d’être convaincante. Tout d’abord, l’estimation de la quantité cumulée de plutonium dans les déchets enfouis jusqu’à 1979 ne représente que 47,6 kilogrammes dans la comptabilité NMMSS (Tableau 2). Deuxièmement, ce chiffre correspond de très près à ce qui figure dans la base de données pour les déchets transuraniens produits par le DOE en 1999 et 2000. Cette partie de la base de données qui donne des précisions sur les déchets de Los Alamos indique qu’environ 50 kilogrammes de plutonium ont été évacués dans les déchets enfouis pendant la période précédant le stockage réversible des déchets transuraniens. Les décomptes de déchets enterrés sont donc les seuls pour lesquels les données de la comptabilité déchets et les données de la comptabilité sécurité correspondent. Ceci ne veut pas dire que les données sur les déchets enfouis sont correctes, mais il peu probable qu’elles soient très erronées.10 Finalement, si les déchets enfouis contiennent 360 kilogrammes de plutonium (la quantité approximative nécessaire pour expliquer l’écart) de plus que ce qui est actuellement attribué aux déchets enfouis, cela signifierait aussi que la comptabilité NMMSS est fausse puisqu’elle ne fait apparaître que 47,6 kilogrammes dans ces déchets. Ceci vient renforcer la conclusion que la comptabilité du WIPP ou celle du NMMSS est fausse. Dans les deux cas, les implications sont très graves. Bien sûr, les deux pourraient être fausses, les implications étant alors encore plus graves. Déchets plutonifères par kilogramme traité Pour mieux comprendre si la comptabilité des déchets peut être fausse, nous avons effectué une comparaison entre les déchets générés par kilogramme de plutonium traité à Los Alamos et ceux issus de l’exploitation du site de Rocky Flats, où environ 70 000 cœurs fissiles de plutonium ont été fabriqués pendant la Guerre froide. Ceci signifie qu’entre 230 000 et 280 000 kilogrammes de plutonium ont été traités à Rocky Flats. La quantité totale de plutonium présente dans les déchets générés à Rocky Flats est estimée à un peu moins de 5 600 kilogrammes. Environ 2 à 2,4 pour cent du plutonium traité à Rocky Flats a donc été rejeté dans les déchets. Il est plus difficile d’estimer la quantité totale du plutonium traité à Los Alamos. Environ 600 cœurs fissiles au plutonium y ont été fabriqués au cours des cinquante dernières années, représentant 2 000 à 2 400 kilogrammes de plutonium. Environ 100 kilogrammes ont été utilisés dans des engins pour des essais hydronucléaires ou autres. Il y a eu diverses autres expériences et activités avec du plutonium à Los Alamos, mais les quantités impliquées étaient généralement très faibles. À partir de là, il semble qu’une valeur d’environ 3 000 kilogrammes paraît raisonnable pour la quantité de plutonium traitée à Los Alamos. Si l’on considère que le chiffre de 3 000 kilogrammes pour le plutonium transformé en engins à Los Alamos est proche de la réalité, alors la présence de 610 kilogrammes de plutonium dans les déchets signifierait que, en moyenne, environ 20 pour cent du plutonium traité à Los Alamos s’est retrouvé dans les déchets. En d’autres termes, Los Alamos rejetait dans ses déchets huit à dix fois plus de plutonium que Rocky Flats par unité de plutonium traité. Étant donné la répartition des déchets pendant les différentes décennies, le chiffre dans les années 1980 a été probablement beaucoup plus élevé. Il est possible qu’il y ait eu à Los Alamos dans les années 1980 des activités impliquant le traitement de grandes quantités de plutonium qui n’auraient pas été intégrées dans l’estimation des 3 000 kilogrammes décrite plus haut. Toutefois, si la production de déchets avait été comparable en pourcentage à celle de Rocky Flats, la quantité totale du plutonium traité dans les années 1980 aurait été de l’ordre d’environ 20 000 à 25 000 kilogrammes. Même si un tel chiffre est possible, il semble plutôt improbable. Si la comptabilité NMMSS est correcte, des centaines de millions de dollars de plutonium ont été envoyés dans les déchets dans les années 1980 à des taux de perte par unité de production qui ont probablement été beaucoup plus élevés qu’à Rocky Flats. Implications en termes de sécurité L’analyse ci-dessus laisse clairement entrevoir la possibilité que la comptabilité NMMSS soit fausse, notamment pour les années 1980. Si tel est le cas, les implications en termes de sécurité pourraient être graves. Il serait stupéfiant d’arriver à la conclusion que le problème est une incapacité à tenir une comptabilité des matières pour le plutonium au point que des centaines de kilogrammes auraient pu être détournés. L’IEER n’est pas encore arrivé à cette conclusion. Il est tout à fait possible que la comptabilité du WIPP soit nettement erronée et ceci doit être soigneusement examiné. Si les comptes du WIPP ne sont pas faux, alors ceux du NMMSS doivent l’être. Dans ce cas, il serait absolument nécessaire d’engager une enquête de sécurité pour savoir ce qui est arrivé aux centaines de kilogrammes de plutonium qui sont maintenant indiqués comme envoyés dans les déchets. Conclusion En 1996, le Secrétaire à l’énergie de l’époque,
Mme Hazel O’Leary, a pris une décision courageuse et clairvoyante
en rendant publiques les données américaines sur la production
et le stockage de plutonium militaire. Si elle ne l’avait pas
fait, ces anomalies comptables n’auraient jamais été
mises en lumière. Étant donné la similitude des
techniques et des attitudes dans les différents lobbies nucléaires
militaires sur beaucoup de questions ,11 il est très
improbable que la situation globale soit meilleure dans d’autres
pays, même s’il peut bien sûr y avoir quelques différences.
L’analyse reprise dans cet article montre que de tels écarts
de comptabilité peuvent avoir des implications gravissimes du
point de vue de la sécurité si elles ne sont pas étudiées
et expliquées. S’assurer que la comptabilité des
matières fissiles est correcte et que ces dernières n’ont
pas été détournées nécessite des
déclarations comparables d’autres pays dotés d’armes
nucléaires (Russie, Chine, Grande-Bretagne, France, Israël,
Inde, Pakistan et Corée du Nord) pour le plutonium et l’uranium
fortement enrichi.12
LES NOTES BAS DE PAGE 1 Cet article est basé sur le document Dangerous Discrepancies: Missing Plutonium in Los Alamos National Laboratory Waste Accounts, Institute for Energy and Environmental Research, 21 avril 2006. Cette étude a été réalisée dans le cadre d’une subvention accordée par le Citizens’ Monitoring and Technical Assessment Fund, administré par RESOLVE, Inc. Les références détaillées figurent dans le rapport qui se trouve en ligne sur : www.ieer.org/latest/pudiscrepanciesindex.html. On pourra également y trouver des informations précises sur certains résultats présentés ici mais qui ne sont pas expliqués en détail. 2 Guimond, R.J. et E.H. Beckner, Memorandum on Plutonium in Waste Inventories, U.S. Department of Energy, 30 janvier 1996, sur www.ieer.org/offdocs/Guimond1996Memo.pdf. 3 Pour des informations détaillées sur le travail de l’IEER, voir www.ieer.org/latest/pudiscrepanciesindex.html. 4 Selon les estimations les plus récentes, le stock de plutonium de la Corée du Nord se situait entre 40 et 55 kilogrammes au milieu de l’année 2005 (Institute for Science and International Security). L’émotion internationale était déjà vive lorsqu’on estimait que le stock de plutonium de la Corée du Nord était de l’ordre de 20 à 30 kilogrammes. 5 Guimond et Beckner 1996, op. cit. 6 Le sous-sol comprend l’enfouissement à faible profondeur, l’évacuation sur site à plus grande profondeur, et les résidus sur site du plutonium utilisé dans différentes sortes d’essais comme des essais hydronucléaires, qui ne sont pas des explosions nucléaires en vraie grandeur. 7 Lettre de Bonnie Gitlin à Arjun Makhijani, 2 mai 2006, sur le Web : www.ieer.org/latest/pudiscrepanciesindex.html. 8 Lettre de Linton Brooks à Arjun Makhijani, le 28 février 2006, disponible sur le web à l’adresse : www.ieer.org/latest/pudiscrepanciesindex.html. 9 Gitlin, op. cit. 10 Une partie du plutonium manquant a aussi pu être rejetée à travers les effluents atmosphériques et liquides à des quantités supérieures à celles qui sont indiquées dans ces comptes. Toutefois, généralement, beaucoup plus de matières radioactives sont présentes dans les déchets solides que dans les effluents gazeux ou liquides. Par ailleurs, les plus grandes quantités de déchets dans les comptes déchets NMMSS se situent dans les années 1980 et 1990 (plus de 90 pour cent du total). La vigilance concernant les émissions dans l’eau et l’air à cette époque était bien supérieure à ce qu’elle était dans la période antérieure à 1970. Les comptes des rejets aériens et liquides ne sont donc pas analysés dans ce rapport comme une explication importante pour les écarts dans les quantités de plutonium. C’est toutefois un aspect qui nécessite une recherche plus poussée dans la mesure où des rejets atmosphériques et/ou liquides supérieurs à ce qui a été déclaré pourraient avoir des implications pour la santé, l’environnement, les travaux de décontamination et le respect de la réglementation. 11 Makhijani, Hu, et Yih, eds. Nuclear Wastelands, MIT Press, 2000. 12 Les stocks civils sont déclarés à l’Agence internationale de l’énergie atomique.
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L'Institut pour la Recherche sur l'Énergie et l'Environnement(La version anglaise de ce numéro, Science for Democratic Action v. 14, no. 2, a été publiée en août 2006.)
Mise en place juillet 2007