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Le 28 mars 2001 Cher Arjun : Je voudrais souligner le mérite que vous avez eu à publier l'article [intitulé "Une commission mondiale pour la vérité sur les dommages causés par la production des armes nucléaires sur la santé et l'environnement" dans votre bulletin Energie et Sécurité n°14 (2001)] Depuis 1972, je milite en faveur des droits à la justice des vétérans nucléaires. J'ai travaillé avec le NAAV [National Association of Atomic Veterans- Association Nationale des Vétérans Nucléaires], le NARS [National Association of Radiation Survivors - Association Nationale des Survivants aux Irradiations, le DAV [Disabled American Veterans - Vétérans Américains Handicapés], la Légion Américaine et le VFW [Veterans of Foreign Wars - Vétérans de Guerres à l'Etranger], et je vous ai rencontré une fois vers 1986 lors d'une intervention avec M. Simon, alors représentant de l'Illinois à la Chambre. A de nombreuses occasions, lors des réunions des organisations citées plus haut, et lors de commissions et de rencontres personnelles avec des membres du Congrès, je me suis déclaré avoir toujours été préoccupé du fait que le Marine Corps ne nous ait jamais fait assez confiance pour nous prévenir des risques liés aux irradiations avant de nous envoyer à Nagasaki à la fin de l'année 1945. Ils agissaient comme s'ils pensaient que nous nous serions révoltés ou que nous aurions refusé notre affectation. J'avais 32 ans à l'époque, et j'étais fortement indigné que des jeunes hommes de 18 à 21 ans, assez bon pour être envoyés à des endroits tels que Tarawa, Saipan, Tinian, Iwo Jima, Okinawa etc.., ne l'étaient pas assez pour recevoir le moindre conseil de précaution quant aux possibilités d'exposition lors de leur service à Nagasaki. En conséquence nombreux sont ceux qui ont bu de l'eau du réservoir, sont allés visiter le district d'Urakami. J'ai moi-même par exemple aidé l'évêque Paul Yamaguchi en novembre 1945 à se frayer un passage à travers les débris de sa cathédrale pour chercher des objets à sauver. Il m'a même offert une grande croix de bois qui avait servi d'ornement au-dessus de la galerie de la chorale. Je l'ai ramené chez moi et elle se trouve maintenant dans la collection Hiroshima-Nagasaki du musée d'une université en Ohio. Le Jour de l'An 1946, deux équipes de football de la Marine ont même fait un match "de la Coupe Atomique" au point zéro, le seul espace dégagé. Ce secret et cette méfiance vis-à-vis de nos concitoyens dure certainement depuis des années, mais il semble évident que c'est avec le début de la Seconde Guerre mondiale que cela est devenu un fait quotidien. Il suffit de lire des livres tels que "Day of Deceit" (Le jour des dupes), "Making of the Atomic Bomb" (La fabrication de la bombe atomique), "The Decision to Use the Bomb" (La décision d'utiliser la bombe), et bien sûr l'excellent ouvrage de Carole Gallagher intitulé "American Ground Zero" (Amérique point zéro) pour se rendre compte qu'une telle politique qui avait une portée de vie ou de mort n'était en fait conduite que par les différents présidents concernés et une petite poignée de proches conseillers sans que la population en soit informée. Ils pensaient tout simplement : "On ne peut pas leur faire confiance". Je tiens à vous remercier d'avoir souligné ce concept dans votre article, et je pense que ce sujet mériterait que votre excellente équipe mène une étude détaillée. Veuillez agréer mes sentiments les plus sincères Walter G Hooke |
Énergie et Sécurité No. 17 Index
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L'Institut pour la Recherche sur l'Énergie et l'Environnement(La version anglaise de ce numéro, Science for Democratic Action v. 9, no. 3, a été publiée en mai 2001.)
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