En octobre 2000,
le Congrès américain a voté
et le Président
Clinton a contresigné une loi, l'Energy
Employees Occupational
Illness Compensation Act (Loi d'Indemnisation
des maladies professionnelles des employés de l'énergie), un
ensemble
de lois conçues pour fournir des soins médicaux
et des
indemnités financières à certains
travailleurs
affectés à la fabrication d'armes nucléaires,
qui ont
eu des problèmes de santé par suite d'expositions
à
des radiations ionisantes, au béryllium ou à
la silice en
milieu professionnel.
Il s'agit là d'un
événement en matière
de programme d'indemnisation au
niveau fédéral.
Il doit permettre d'apporter de l'aide
à de nombreux travailleurs
dont les maladies professionnelles ont
été niées
par le gouvernement pendant de très
nombreuses années.
Cela a également renforcé les
appels en faveur de
la mise en place d'un processus qui s'occuperait des
préjudices
causés aux personnes habitant à
proximité
des usines de fabrication d'armes nucléaires. Quoi
qu'il
en soit, la loi est loin d'être parfaite, et elle ne couvre
pas
tous les travailleurs des armes nucléaires dont la
santé a
été affectée par des expositions
à des
radiations ionisantes et à des substances
toxiques sur leur lieu de
travail.
Les dispositions de ce programme prévoient
:
- Compensation : Les travailleurs remplissant les
conditions
requises ou leurs survivants, recevront un paiement en une
seule
fois de 150 000 dollars. Parmi les personnes y ayant droit, on
trouve certains employés du DOE (Department
of
Energy- Département de l'Energie), des employés
d'entreprises partenaires du DOE, et des employés
de
fournisseurs du DOE, dont la santé a été
affectée à la suite de leur exposition à
des
radiations ionisantes, à du béryllium ou à
la silice
lors de leur emploi dans le cadre des programmes du
DOE
liés aux armements nucléaires. Les survivants
peuvent
déposer des demandes au nom des employés
en question.
- Prestations médicales. Le gouvernement fédéral
fournira des prestations médicales aux travailleurs y
ayant droit
dans le cadre de leur maladie professionnelle.
- Bénéfice
du doute pour une 'cohorte d'exposition
spéciale'. Pour une
'cohorte d'exposition spéciale'
de travailleurs souffrant d'un
cancer radio induit,1
il est présupposé que leur
maladie a résulté
d'expositions à des radiations
ionisantes sur leur lieu
de travail. La cohorte d'exposition
spéciale comprend
certains travailleurs d'usines d'enrichissement
par diffusion
gazeuse du Tennessee, du Kentucky et de l'Ohio
(respectivement
les usines d'Oak Ridge, de Paducah et de
Portsmouth)
et des travailleurs qui étaient employés
pendant
les essais nucléaires menés sur le site d'essais
de l'île Amchitka en Alaska. Des catégories
supplémentaires de travailleurs pourraient être
considérées comme membres de la cohorte d'exposition
spéciale si le président des Etats-Unis,
désigné
pour la mise en application du programme,
définit que
'(1)il n'est pas possible d'estimer avec suffisamment
de certitude
la dose d'irradiation reçue par la catégorie;
et
(2) qu'il y a une probabilité raisonnable que la dose
d'irradiation ait pu mettre en danger la santé des membres
de
cette catégorie.'
- Définition de
l'admissibilité. Les individus
souffrant d'un cancer radio
induit qui ne font pas partie de
la 'cohorte d'exposition
spéciale' ne peuvent y avoir
droit que si la probabilité
que le cancer soit lié
à leur travail dans les armements
nucléaires est
'au moins égale à la
probabilité qu'il ne
le soit pas'. Cela signifie qu'il devrait y
avoir au moins un
doublement du risque pour que ce travailleur y ait
droit (en
d'autres termes, le travailleur devrait avoir deux fois plus
de chance qu'une personne non exposée de contracter ce
cancer
particulier). Ce critère pourrait aboutir à
ce que de
nombreux travailleurs exposés soient exclus
de l'indemnisation
bien qu'ils encourent le risque de contracter
une maladie donnant droit
à indemnisation suite à
leur exposition, et ceci même
si leurs expositions ont
été plus élevées que
celles admises
au niveau légal. L'effet de ce test pourrait
être
mitigé par la clause sur le bénéfice du
doute exposée plus haut, en fonction des directives pour
sa mise
en application (voir ci-dessous). Selon la législation,
le risque
de contracter un cancer à la suite d'une dose
d'irradiation
donnée est estimé en utilisant "
un intervalle de
confiance supérieur à 99 pour
cent de la probabilité
de causalité dans les tables
radio
épidémiologiques". Cela signifie que
la
probabilité de causalité utilisée pour
estimer le
risque sera supérieure pour une dose donnée
que si
l'estimation médiane était utilisée.
Cela va
également amoindrir dans une certaine mesure l'effet
réalisé en plaçant la barre haut pour
l'admissibilité
par le doublement de la norme de risque.
- Droit de financement. Les fonds pour les prestations sont
assurés par le biais d'un programme de dépenses
garanti.
Cela signifie que le Congrès ne va pas décider
de la somme
qu'il attribue au fonds chaque année, mais
que les dépenses
seront obligatoires et n'auront pas à
passer par le processus
annuel d'étude du crédit
budgétaire. (Le programme
américain de Sécurité
Sociale (programme de
retraite) est un autre exemple de programme
social garanti).
- Augmentation des prestations pour les travailleurs de l'uranium.
L'indemnisation pour les travailleurs malades des mines, des
usines de
traitement et des sociétés de transport
de minerai
d'uranium - qui sont couverts par une loi différente,
l'Acte
d'Indemnisation pour les Expositions aux Radiations Ionisantes
(Radiation Exposure Compensation Act) - passera de 100
000 dollars
à 150 000 dollars, et la nouvelle loi leur
fournira
également une couverture médicale.
- Mise en application.
La loi spécifie que le Président
devra soumettre au
Congrès avant le 15 mars 2001 une proposition
de loi visant
à mettre en uvre le programme d'indemnisation.
Cette proposition
devrait inclure les types d'indemnisation qui
devront être fournis,
et devrait préciser si la
cohorte d'exposition spéciale est
ou non étendue
pour inclure de nouvelles catégories
d'employés,
et si le programme est ou non étendu pour
inclure d'autres
maladies associées à l'exposition à
des
substances toxiques. Le Congrès devra alors donner suite
à la proposition du Président au plus tard avant
le 31
juillet 2001. Si le gouvernement n'y donne pas suite avant
cette date,
certaines parties de la loi existante prendront automatiquement
effet au
31 juillet 2001, notamment celles apportant indemnisations
et prestations
médicales à certains travailleurs
du nucléaire et du
secteur de l'uranium.
- Indemnisation. S'ils acceptent le
paiement en une
seule fois et les prestations médicales, les
travailleurs
et leurs familles n'auront pas le droit de porter plainte
contre
le gouvernement ou ses sous-traitants. Le paiement
effectué
dans le cadre de cette loi serait considéré
comme
un solde pour tout compte concernant les plaintes portées
contre les Etats-Unis, contre tout partenaire ou sous-traitant
du
DOE, tout vendeur de béryllium ou tout employeur
engagé dans la fabrication d'armes atomiques, pour la
maladie
couverte.
La loi ne prend pas en compte le problème des
non-travailleurs
qui ont subi les effets de la production et de
l'expérimentation
d'armes nucléaires. Elle ne prévoit
pas non plus
de prestations médicales pour les membres de la
famille
des travailleurs qui peuvent être devenus malades à
la
suite d'expositions. Telle quelle, la loi ne rembourse pas
les salaires
perdus des travailleurs suite aux maladies professionnelles.
De plus,
l'admission de tous les travailleurs, y compris ceux
qui ont
travaillé dans des usines privées comme
celles
décrites dans l'article principal de la page 1 -
n'est pas
claire.
Le gouvernement estime que 4000 anciens travailleurs des
armes
nucléaires de par le pays auront droit au programme.
Pour
commencer, le Congrès a autorisé le déblocage
de
275 millions de dollars pour ce programme dans l'année
à
venir. Le bureau du budget du Congrès estime que
les travailleurs
concernés par ce programme vont recevoir
1,4 milliards de dollars de
prestations au cours des 10 prochaines
années, et que les
travailleurs de l'uranium vont quant
à eux recevoir 450 millions de
dollars. Le programme a
été adopté sous forme d'un
amendement à
la loi d'autorisation du budget de la défense
pour l'année
fiscale 2001.
Pour plus d'informations, vous
pouvez consulter le site web
du DOE sur le programme
d'indemnisation des maladies
professionnelles des employés de
l'énergie,: http://www.dol.gov/esa/regs/compliance/owcp/eeoicp/main.htm (U.S. Department of Labor) http://tis.eh.doe.gov/portal/feature/titlexxxvi.html,
ou appeler le service
spécial d'aide à l'indemnisation
des travailleurs du
DOE au : 1-877-447-9756 1-866-888-3322 (U.S. Department of Labor)
1 Les
cancers radio induits sont définis
comme cancers du conduit
biliaire, des os, du cerveau, du sein,
du colon, de l'sophage, de la
vésicule biliaire, des reins,
du foie, des poumons, des ovaires, du
pancréas, du pharynx,
des glandes salivaires, del'intestin
grêle, de l'estomac,
de la thyroïde, de la vessie ainsi que des
leucémies
( à l'exception de la leucémie lymphatique
chronique),
des cancers du système lymphatique (à
l'exception
de celui de Hodgkin), et des cancers de la moelle
osseuse.
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