
"La science pour les masses critiques" apparaîtra régulièrement dans Énergie et Sécurité. Elle fournira aux lecteurs des éléments de référence technique pour les questions de politique discutées dans chaque numéro, ainsi que l'occasion de mesurer leurs connaissances sur ces points techniques.
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On présente parfois le nucléaire comme une source d'énergie très peu polluante. Pourtant, si l'on prend en compte toutes les étapes de production de l'énergie nucléaire, de l'extraction minière jusqu'à la gestion du combustible nucléaire usé, en passant par toutes les étapes intermédiaires, l'énergie nucléaire produit en quantité toutes sortes de déchets ainsi qu'une pollution de l'environnement tout à fait significative. L'incapacité du gouvernement des Etats-Unis à gérer, à contenir et à confiner correctement les substances toxiques et radioactives produites tout au long du cycle du combustible nucléaire, et à créer une réglementation appropriée, a souvent abouti à des conséquences tragiques pour la santé humaine et l'environnement.1 L'extraction, la concentration, le traitement et l'enrichissement de l'uranium ont engendré, et continuent d'engendrer des dommages considérables pour la santé humaine et pour l'environnement. Les résidus du traitement dans de nombreuses régions du monde continuent de fuir dans le sol et contaminent les nappes d'eaux souterraines. Les opérations de retraitement à but commercial continuent de rejeter de grandes quantités de déchets radioactifs dans des ressources en eau qui servent d'approvisionnement aux populations, comme c'est par exemple le cas avec les rejets par des usines de retraitement britanniques de Sellafield dans la Mer d'Irlande et ceux de l'usine française de la Hague dans la Manche. Le tableau suivantes donne des estimations des volumes de déchets radioactifs produits par l'énergie nucléaire.2 En plus de la radioactivité, une bonne partie de ces déchets contiennent également des matières toxiques non radioactives. Le tableau donne les volumes de déchets produits par le cycle ouvert (sans retraitement) du combustible à l'uranium faiblement enrichi (UFE), et le cycle ouvert du combustible à mélange d'oxydes (MOX). On trouvera ci-dessous les définitions correspondant aux différents types de déchets radioactifs. Il existe des incertitudes et des différences considérables quant à la production de déchets et la pollution engendrées par l'énergie nucléaire et les opérations qui y sont associées, qui dépendent de facteurs tels que la qualité du minerai d'uranium, les types d'installation de traitement, le taux de combustion du combustible et les réglementations en vigueur, ainsi que l'efficacité avec laquelle elles sont mises en application. Les estimations des tableaux ont été réalisées par Brian Chow et Gregory Jones (RAND 99). Ils apportent une analyse depuis l'extraction jusqu' à l'évacuation our deux types de combustibles nucléaires utilisés dans les réacteurs à eau ordinaire. Le cycle ouvert du combustible UFE est l'approche utilisée le plus souvent. Tous les réacteurs nucléaires commerciaux des Etats-Unis et la plupart des réacteurs au niveau mondial utilisent un cycle ouvert du combustible UFE. L'UFE correspond au type de combustible utilisé, l'expression 'cycle ouvert' signifie que le combustible usé n'est pas traité pour la récupération du plutonium et de l'uranium destinés à la fabrication de nouveau combustible de réacteur. Le cycle ouvert du combustible à mélange d'oxydes, utilise du combustible à mélange d'oxydes fabriqué à partir de plutonium extrait du combustible usé UFE. Le coeur du réacteur - dans le cadre de ce cycle - est composé à 30% de combustible MOX, le reste étant du combustible UFE. Après irradiation, le combustible MOX usé est destiné à être évacué, alors que le combustible usé UFE est retraité. Environ 30 réacteurs nucléaires commerciaux en Allemagne, en France et en Belgique utilisent actuellement du combustible MOX. D'autres technologies visant à manipuler le combustible nucléaire usé sont également proposées, comme par exemple la transmutation et les réacteurs rapides, qui nécessitent plusieurs passages en réacteurs avec les retraitements associés. Vous trouverez une analyse de ces propositions dans l'article principal. |
Énergie et Sécurité No. 13 Index
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L'Institut pour la Recherche sur l'Énergie et l'Environnement2000 (La version anglaise de ce numéro, Science for Democratic Action, v. 8, no. 3, a été publiée en mai 2000.)
Mise en place juin 2001
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1 Pour une analyse détaillée, voir l'ouvrage 'Nuclear Wastelands' par Makhijani, Hu et Yih, eds, (Cambridge Mass., MIT Press), 1995. 2 Les émissions dans l'air et l'eau ne sont pas comprises, à l'exception des rejets de déchets liquides provenant du retraitement. |