
"La science pour les masses critiques" apparaîtra régulièrement dans Énergie et Sécurité. Elle fournira aux lecteurs des éléments de référence technique pour les questions de politique discutées dans chaque numéro, ainsi que l'occasion de mesurer leurs connaissances sur ces points techniques.
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Qu'est-ce que la vérification? La vérification est un mécanisme ou une procédure qui vise à déterminer si une Partie au Traité respecte ou remplit ses obligations prises dans le cadre d'un accord donné, et pour détecter ceux qui violent leurs obligations. La vérification est principalement basée sur un engagement formel par les Parties à s'engager ou à ne pas s'engager dans certaines activités. La vérification a traditionnellement été associée à des accords internationaux liés à la sécurité. Dans le contexte de la non-prolifération, du contrôle des armements et du désarmement, la vérification fait référence à:
La vérification est souvent menée en utilisant une combinaison de quelques uns ou de la totalité de ces mécanismes, qui constituent ce que l'on nomme régime de vérification. Les régimes de vérification de certains traités de non-prolifération sont détaillés dans le tableau de la page 12. Il est à remarquer que l'incertitude est inhérente à toute vérification. Aucun ensemble concret de mesures de vérification ne peut donner une garantie absolue concernant la violation ou la non violation d'un accord donné par un signataire donné. Par contre, la vérification permet d'apporter un degré d'assurance que les activités interdites ne sont pas menées. La valeur des accords de vérification, tient au fait que la confiance liée au statut des activités est généralement bien supérieure quand une politique de vérification a été acceptée et fonctionne correctement que lorsque ce n'est pas le cas. Qu'est ce que la mise en application ?La mise en application est l'exercice de la pression, par l'intermédiaire de la menace et de sanctions prises ou de pertes de bénéfices visant à assurer que les Parties à un accord le respectent. Les mises en application officielles sont généralement menées par des institutions administratives, judiciaires ou politiques (telles que la Cour de Nuremberg, créée par les Alliés après la Deuxième Guerre mondiale), le Conseil de sécurité des Nations unies, ou le Tribunal des crimes de guerre qui fonctionne depuis peu à la Haye pour traiter les cas liés à l'ex-Yougoslavie. Les mécanismes officiels de mise en application comprennent la possibilité de contrôles des exportations, de sanctions, d'embargos, d'actions militaires, et, comme ce fut le cas à Nuremberg, de peines de prison et la peine de mort. Certains accords internationaux comprennent des clauses spécifiques de mise en application, alors que d'autres n'en ont aucune. On trouve ordinairement un mécanisme de mise en application de facto, qui est généralement indépendant de tout accord donné, celui du Conseil de sécurité des Nations unies, qui peut prendre des actions selon le Chapitre VII de la Charte des Nations unies. Les actions prises en vertu de cette clause exigent qu'aucun membre permanent du Conseil de sécurité n'oppose son veto contre une proposition d'action. Les cinq membres permanents qui ont le droit de veto se trouvent être les cinq Etats nucléaires officiellement reconnus comme tels par le TNP - c'est à dire les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Grande- Bretagne et la France. On peut également concevoir une pression des populations sur les gouvernements pour qu'ils tiennent leurs engagements. Entre autres exemples, on trouve la surveillance des agences gouvernementales et le lobby sur leurs représentants par des organisations non gouvernementales (ONG) et des individus. On trouve parmi les autres méthodes de mise en application:
Etant donné que les compagnies privées exercent souvent une influence énorme sur les gouvernements,l'achat d'actions en bourse peut aussi être un moyen efficace de pression par les populations. Pour donner un exemple, les investisseurs en capitaux-actions de l'électricien nucléaire Duke Power, basé aux Etats-Unis, ont une nouvelle fois proposé une résolution des actionnaires s'opposant à l'implication de l'entreprise dans le programme de combustible au plutonium à mélange d'oxydes (MOX) (pour plus d'informations sur le MOX, voir SDA vol.5 n°4 [en angalis] et Energie et Sécurité n°1, 2, et 3). L'année dernière, la résolution a reçu suffisamment de soutien de la part des actionnaires de Duke pour qu'elle soit proposée à nouveau et votée lors de la réunion des actionnaires de l'entreprise en avril 2000. On peut citer nombre d'autres exemples de tentatives de mise en application incitée par les ONG et les gouvernements, que ce soit par un travail séparé ou commun. On trouve par exemple la "Middle Powers Initiative", une campagne coordonnée par un réseau d'organisations non gouvernementales internationales (ONG), qui comprend entre autres l'Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (International Physicians for the Prevention of Nuclear War), dont le but est d'inciter les leaders des puissances moyennes à pousser les Etats nucléaires à respecter la loi internationale, plus particulièrment l'Article VI du TNP selon lequel ils sont obligés d'éliminer leurs arsenaux nucléaires. On peut également citer la New Agenda Coalition, qui rassemble sept pays (le Brésil, l'Egypte, l'Irlande, le Mexique, la Nouvelle Zélande, l'Afrique du Sud et la Suède), qui ont demandé aux Etats nucléaires signataires du TNP et aux trois autres Etats nucléaires reconnus, (l'Inde, Israël et le Pakistan) d'accepter de se lancer immédiatement dans des négociations de désarmement nucléaire. Bien qu'il puisse sembler étrange que des gouvernements sortent du cadre du TNP et du Conseil de sécurité des Nations unies pour essayer de garantir le respect de ce traité, ce sont en fait les Etats nucléaires eux-mêmes qui ont créé ce précédent. Par exemple, le Groupe des fournisseurs d'articles nucléaires (le Club de Londres), qui limite les exportations commerciales nucléaires, entre autres, vers les Etats non nucléaires Parties au TNP, opère en dehors du cadre du TNP. Pour donner un autre exemple, les bombardements en Irak menés par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne depuis décembre 1998 sont réalisés sans autorisation spécifique du Conseil de sécurité des Nations unies. Enfin, comme dernier exemple, citons l'accord unissant les Etats-Unis, la Corée du Sud, la Corée du Nord et la Chine, visant à fournir des réacteurs nucléaires, du pétrole et d'autres bien à la Corée du Nord en échange d'une interruption vérifiée de ses activités liées aux armes nucléaires. Cet accord a également été signé en dehors du cadre du TNP et du Conseil de sécurité des Nations unies.
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Traité ou accord |
Clauses de vérification |
Convention sur les armes chimiques (CAC)Les parties s'engagent à ne pas produire, développer,
transférer, acquérir, utiliser ou se préparer
à utiliser d'armes chimiques, et à détruire
toute arme chimique ou installation de production d'armes chimiques
en leur possession. Au 24 mai 1999, cet accord avait été
signé par 169 pays dont 126 l'avaient ratifié.
Il est entré en vigueur le 29 avril 1997. |
L'Organisation pour l'Interdiction des armes chimiques (OIAC-) est responsable de la vérification, qui comprend :
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Le Traité d'interdiction complète des essais (TICE)
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Traité de
non-prolifération nucléaire
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Selon l'Article III, chaque Etat non nucléaire Partie au TNP s'engage à accepter la surveillance de l'Agence internationale pour l'energie atomique (AIEA) qui doit vérifier le respect des obligations du traité. La vérification ne peut être menée que sur la base d'un accord avec l'Etat dans lequel l'inspection doit se produire. La surveillance de l'AIEA comprend :
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Traité sur la Réduction des Armements Stratégiques - STARTLes Etats-Unis et l'Union soviétique ont accepté de réduire et de limiter leurs stocks d'armements offensifs stratégiques. Signé par les Etats-Unis et l'URSS. Entré en vigueur le 5 décembre 1994. |
Moyens techniques nationaux (MTN), par exemple : les satellites. L'utilisation de mesures dissimulatrices qui font obstacle à la vérification par les MTN est interdite.
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Énergie et Sécurité No.12 Index
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L'Institut pour la Recherche sur l'Énergie et l'Environnement2000 (La version anglaise de ce numéro, Science for Democratic Action, v. 8, no. 2, a été publiée en février 2000.)
Mise en place mars 2001