- ...la
capacité de l'OTAN de désamorcer une
crise par des moyens
diplomatiques ou autres, ou, si cela s'avère
nécessaire,
d'organiser une défense conventionnelle
avec succès, s'est
significativement améliorée.
Par conséquent, des
circonstances qui amèneraient
l'OTAN à devoir envisager
l'utilisation des armes nucléaires
sont peu probables...L'OTAN va
maintenir des forces sous-stratégiques
[nucléaires]
basées en Europe, au niveau minimum
correspondant à
l'environnement stratégique du
moment.
(iii) L'OTAN n'a
pas exclu de baser des armes nucléaires
dans de nouveaux Etats
membres qui se trouvent plus près
des frontières russes. (iv)
Les Etats-Unis vont garder
des armes nucléaires en Europe (para 42)
"La présence
des forces armées conventionnelles et
nucléaires
des Etats-Unis en Europe demeure vitale pour la
sécurité
en Europe, qui est inséparablement
liée à
celle de l'Amérique du Nord." (v) L'OTAN a
gardé
l'option d'utiliser les armes nucléaires en premier
en
cas de conflit (para 46) :
- Afin de protéger la
paix et pour empêcher la
guerre ou toute sorte de coercition,
l'Alliance va garder pour
l'avenir proche un mélange
approprié de forces
armées nucléaires et
conventionnelles basées
en Europe et modernisées si
nécessaire, bien que
maintenues à un niveau minimum
suffisant...Les forces
conventionnelles seules de l'Alliance ne peuvent
garantir une
dissuasion crédible. Les armes nucléaires
sont
une contribution nécessaire pour rendre les risques
d'agression
contre l'Alliance incalculables et inacceptables. Par
conséquent,
elles restent essentielles pour préserver la
paix.
Commentaires : La décision de l'OTAN
concernant
des opérations en dehors des territoires des Etats
membres
a accru les tensions entre les Etats-Unis et la Russie,
notamment
dans le contexte de la décision de l'OTAN de bombarder
la
Yougoslavie sans avoir au préalable demandé une
intervention
du Conseil de Sécurité pour une intervention
humanitaire.
Trois partenaires de l'OTAN (le Kazakhstan, le Tadjikistan
et la
République de Kirghizistan) ont des frontières
communes avec
la Chine. Différents événements,
comme l'action de
l'OTAN en Yougoslavie, ont accru les tensions
entre les Etats-Unis et la
Chine. Le maintien de l'option de première
frappe et la grande
valeur accordée par l'OTAN aux armes
nucléaires a
renforcé l'inquiétude selon
laquelle d'autres pays pourraient
considérer cela comme
un message, rendant la dissuasion
nucléaire une politique
de sécurité désirable,
et par conséquent
minant la
non-prolifération.
Référence:
Les citations mentionnées ci-dessus proviennent
du nouveau Concept Stratégique de l'OTAN .
Le
Traité de Non-Prolifération Nucléaire
Voir l' Extrait Du Traite
De Non-Proliferation Nucleaire
Etat
des lieux : la réunion de la Commission
Préparatoire du
TNP (PrepCom) a été organisée
à New York en mai
1999, avec pour objectif de préparer
la conférence de
révision du TNP qui doit se tenir
cette année, avec ses 186
signataires. (Tous les pays sauf
Cuba, l'Inde, Israël et le Pakistan
ont signé et ratifié
le TNP). Les quelques 107 pays qui ont
participé à
la PrepCom ont accepté certaines
procédures pour
la Conférence de révision, qui aura
lieu à
New York du 24 avril au 19 mai 2000.
Principales
implications du point de vue nucléaire
: Les pays participants
ne sont pas parvenus à trouver
un consensus sur un ordre du jour
pour la Conférence de
Révision. Plus
précisément, il n'y a eu aucun
accord sur la question de
savoir s'il fallait, et comment il faudrait
débattre des obligations
de désarmement nucléaire
des cinq Etats possesseurs de l'arme
nucléaire qui sont
parties au TNP, et sur la question d'une zone
militairement dénucléarisée
au Moyen-Orient. Depuis la
PrepCom du TNP, les débats sur
le désarmement
nucléaire de la Conférence
sur le Désarmement des
Nations unies demeurent au point
mort. De surcroît, aucun
progrès n'a été
fait dans la direction d'un
traité interdisant la production
de matières fissiles pour la
fabrication d'armes nucléaires.
La Chine et la Russie veulent que la
Conférence sur le
Désarmement établisse une commission
ad hoc sur
la "prévention d'une course aux armements dans
l'espace",
à laquelle s'opposent les Etats-Unis. La guerre en
Yougoslavie
a démontré, entre autres choses, l'utilisation
de
satellites pour le ciblage d'armes non nucléaires et d'armes
non
nucléaires de haute précision, qui font partie
de la
"Révolution dans les Affaires Militaires"
du Pentagone
(pour plus d'informations, voir le numéro double d'Energie et
Sécurité sur le désarmement, n°6 et 7).
Commentaires : L'échec jusqu'à
maintenant
des préparations de révision du TNP pour
instaurer
un cadre visant à trouver un accord sur sa clause de
désarmement
nucléaire (Article VI) est de mauvaise augure
pour la politique
de non-prolifération. L'insistance de l'OTAN
à garder
des armes nucléaires en Europe comme partie
intégrante
de sa stratégie de "dissuasion",
malgré
sa domination écrasante et démontrée
dans
l'arène non-nucléaire, soulève avec encore
plus
d'insistance une vieille question. Si les armes nucléaires
apportent
une contribution "unique" à la stratégie
de
dissuasion de l'OTAN, pourquoi les autres pays devraient-ils
continuer
à y renoncer ? Cette question devient
particulièrement
pertinente lorsque l'on la considère
à la lumière
des échecs des Etats-Unis, de la Russie,
de la Grande-Bretagne
et de la France, ainsi que de l'OTAN, à
apporter des garanties
fortes qu'ils ne menaceront jamais d'utiliser ou
n'utiliseront
jamais des armes nucléaires contre des Etats
non-nucléaires
qui sont signataires du TNP. Ces "assurances
négatives
de sécurité" avaient été
promises
aux Etats non-nucléaires en 1995 comme partie du
processus
d'extension indéfinie du TNP cette
année-là.
La crise dans la politique de
non-prolifération est actuellement
aggravée par le fait que,
de tous les pays non-nucléaires,
seule la Chine a explicitement
reconnu l'opinion consultative
de la Cour mondiale selon laquelle le TNP
exige que les Etats
nucléaires parviennent concrètement au
désarmement
nucléaire sous tous ses aspects.
Selon
Rebecca Johnson, de l'Institut Acronym,
"l'incapacité
[de la PrepCom du TNP] à adopter
quelque recommandation
significative que ce soit reflète
l'enlisement de la crise
des relations internationales et du contrôle
des armements.
Les travaux de la PrepCom ont également servi
à
mettre en lumière le fossé croissant entre les
aspirations
et les idées venant d'une grande partie des Etats ne
possédant
pas l'arme nucléaire face à celles des cinq
Etats
détenteurs de l'armes
nucléaire..."
Références :
Voir la page d'accueil de l'Institut
Acronym et le Disarmament
Diplomacy issue n°37, où
l'on trouve des
documents sur cette question et les commentaires de Rebecca
Johnson
sur la PrepCom.
Le Traité
d'Interdiction Totale des Essais (CTBT)
Etat des lieux : De
tous les Etats détenteurs
de l'arme nucléaire, seuls la
Grande-Bretagne et la France
l'ont ratifié. L'Inde, le Pakistan et
la Corée du
Nord ne l'ont pas signé. Une conférence
visant à
accélérer la ratification de celui-ci s'est
tenue
à l'automne 1999. Les cinq états
nucléaires
signataires du TNP ainsi que l'Inde poursuivent un type
de programme
de "gestion des stocks" (pour plus d'informations,
voir
le numéro double d'Energie et Sécurité n°6
et
7). Les Etats-Unis et la France sont en train de construire
de vastes
installations pour la fusion par laser, conçues
pour créer
des explosions thermonucléaires, bien
que l'Article I du CTBT
interdise toute explosion nucléaire,
et oblige les signataires
à empêcher les explosions
nucléaires sur les
territoires soumis à leur autorité
judiciaire. La
ratification du CTBT aux Etats-Unis a été
liée
à la mise en place d'un vaste programme de
gestion des
stocks.
Principales implications du point de vue
nucléaire
: L'impossibilité d'appliquer
concrètement le
CTBT, la persistance de la poursuite de programmes
de gestion
des stocks impliquant la capacité de conception de
nouvelles
armes, mais aussi la construction d'installations de fusion
par
laser conçues pour créer des explosions qui
violeraient
l'Article I minent l'objectif essentiel si longtemps
recherché
et difficile à obtenir d'atteindre à la fois
une
non-prolifération durable et le désarmement
nucléaire.
Commentaires : les programmes de gestion
des stocks
ainsi que les retards pris par de nombreux pays, y compris
les
Etats-Unis, pour la ratification du CTBT, continuent
à
éroder la confiance accordée aux Etats
nucléaires,
qui doivent remplir leurs obligations de
désarmement
nucléaire.
Références : Voir le
site internet de la Coalition
pour la Réduction des Dangers
Nucléaires (Coalition
to Reduce Nuclear Dangers)
et celui de l'IEER.
Voir la tableau associé Autres traités nucléaires, et problèmes